Étudiant international face aux différentes sources de financement des études en Suisse

Bourses d'études et aides financières pour les étudiants étrangers Guide 2026

Clock icon 15 minutes de lecture | Mis à jour le 27 août 2026

Auteur : Brice DELHOME

📌 En Bref : qui finance vraiment un étudiant étranger en Suisse
  • La bourse cantonale n'est pas pour vous si vous venez uniquement étudier : le concordat sur les bourses d'études la réserve aux permis C, aux permis de séjour justifiant de cinq ans de séjour légal, aux réfugiés et aux ressortissants de l'Union européenne assimilés. Il exclut explicitement les personnes présentes en Suisse à des fins exclusives de formation. Ce sont pourtant les montants les plus élevés : 16 000 CHF par an au minimum pour le degré tertiaire.
  • Le piège, c'est le calendrier, pas le dossier. Les grandes bourses se déposent 9 à 12 mois avant la rentrée. L'appel des bourses d'excellence de la Confédération pour 2027-2028 est ouvert depuis le 20 août 2026, avec des délais nationaux entre octobre et décembre 2026 et des résultats fin mai 2027. Un dossier parfait déposé en juillet arrive un an trop tard.
  • Le coût que personne ne budgète : une bourse suisse tombe en francs, mais la famille finance en euros, en dollars ou en réal. Sur un budget de 21 000 CHF par an, une marge bancaire de 2 % coûte 420 CHF ; avec ibani et une marge de 0,40 %, la même année revient à 84 CHF.

« Je cherche une bourse pour étudier en Suisse. » La question est simple, la réponse suisse ne l'est pas : il n'existe pas un système de bourses, mais six dispositifs séparés, dont les conditions d'accès et les calendriers n'ont rien à voir entre eux.

Et le plus généreux d'entre eux, la bourse cantonale, est précisément celui qui se ferme à la personne arrivée de l'étranger pour ses études. Ce n'est ni un oubli ni une difficulté administrative à contourner : c'est écrit noir sur blanc dans le texte qui harmonise les régimes cantonaux. Comprendre cette architecture évite de perdre un semestre à monter le mauvais dossier.

Ce guide passe en revue chacune des six sources, avec les montants 2026, les conditions d'éligibilité réelles et les dates de dépôt. Il vaut pour les candidats à l'EPFL et à l'EPFZ, à l'Université de Genève, à l'UNIL et à HEC Lausanne, comme pour les hautes écoles spécialisées. Il se termine sur ce qu'aucune bourse ne couvre, et sur la manière de faire arriver l'argent en Suisse sans en laisser 2 % en route.

1. Ai-je droit à une bourse cantonale avec un permis étudiant ?

Non, dans la quasi-totalité des cas. Les bourses d'études suisses relèvent des cantons, et non de la Confédération. Leur socle commun est l'accord intercantonal sur l'harmonisation des régimes de bourses d'études, communément appelé concordat sur les bourses d'études, auquel la grande majorité des cantons ont adhéré. Ce texte fixe les conditions personnelles minimales, et c'est là que se joue l'accès des étrangers.

Les quatre portes d'entrée du concordat

Le concordat ouvre le droit aux allocations de formation à quatre catégories de personnes de nationalité étrangère :

  • les titulaires d'un permis d'établissement C ;
  • les titulaires d'un permis de séjour qui séjournent légalement en Suisse depuis au moins cinq ans ;
  • les personnes domiciliées en Suisse et reconnues comme réfugiées ou apatrides par la Suisse ;
  • les ressortissants de l'Union européenne et de l'AELE traités à égalité avec les citoyens suisses en vertu des accords internationaux, ce qui vise typiquement les enfants de travailleurs frontaliers ou de résidents.

Et il pose immédiatement l'exclusion qui change tout : les personnes qui se trouvent en Suisse à des fins exclusives de formation n'ont pas droit à des allocations de formation. Autrement dit, le permis B délivré pour suivre des études ne construit pas le droit à la bourse, et les années d'université ne comptent pas dans les cinq ans exigés. Un étudiant brésilien arrivé à Lausanne en 2023 pour un bachelor n'aura pas plus de droits en 2028 qu'à son arrivée.

⚠️ Attention : c'est l'erreur de dossier la plus fréquente. Les sites cantonaux affichent des barèmes attractifs et des formulaires en ligne accessibles à tous, sans mettre l'exclusion en évidence. Un dossier déposé au service des bourses de Genève ou de Vaud par un étudiant venu de l'étranger pour ses études se solde par un refus, plusieurs semaines après le dépôt, alors que les délais des autres dispositifs sont souvent passés.

Ce que l'on manque quand on n'y a pas droit

Le concordat fixe des montants annuels planchers, que les cantons peuvent dépasser mais pas réduire. Ce sont, de loin, les aides les plus substantielles du paysage suisse.

Niveau de formationMontant annuel minimum (concordat)Supplément par enfant à charge
Degré secondaire II (maturité, apprentissage)12 000 CHF+ 4 000 CHF
Degré tertiaire (université, HES, EPF)16 000 CHF+ 4 000 CHF

À côté de la bourse, les cantons proposent des prêts d'études, remboursables et souvent sans intérêt pendant la formation. Ils obéissent aux mêmes conditions personnelles : un étudiant venu de l'étranger pour étudier n'y a pas davantage accès. Une seule exception mérite d'être vérifiée canton par canton : l'étudiant qui a d'abord travaillé plusieurs années en Suisse, puis reprend une formation, peut remplir la condition des cinq ans, car son séjour n'a pas eu la formation pour but exclusif.

2. Qui peut obtenir une bourse d'excellence de la Confédération ?

Des chercheurs déjà diplômés d'un master, âgés de 35 ans au plus, ressortissants de l'un des 183 pays couverts. Les bourses d'excellence de la Confédération suisse, désignées par le sigle ESKAS et pilotées par le Secrétariat d'État à la formation, à la recherche et à l'innovation, constituent le seul dispositif fédéral ouvert aux étudiants étrangers. Elles ne financent ni un bachelor, ni un master académique classique.

Montant et durée

Le Conseil fédéral a adapté l'ordonnance qui régit ces bourses et porté le montant mensuel à 2 450 CHF au 1er janvier 2026. S'y ajoutent la couverture de l'assurance maladie, une exonération partielle des taxes d'inscription et un ensemble de prestations pratiques d'accueil. La durée dépend du projet : douze mois pour un séjour de recherche, jusqu'à trente-six mois pour un doctorat mené en Suisse.

CatégoriePublic viséDuréePays éligibles
Bourse de rechercheTitulaires d'un master ou d'un doctorat, toutes disciplines12 mois pour un séjour de recherche, jusqu'à 36 mois pour un doctoratAucune restriction de pays
Bourse artistiqueÉtudiants en art préparant un premier master en SuisseDurée du masterListe restreinte de pays
Bourse postdoctoraleSupprimée dès l'année académique 2027-2028Sans objetSans objet

Le calendrier, qui décide de tout

L'appel à candidatures pour l'année académique 2027-2028 est ouvert depuis le 20 août 2026. Les délais de dépôt sont fixés pays par pays et se situaient, pour le cycle précédent, entre fin octobre et mi-décembre. La Commission fédérale des bourses pour étudiants étrangers communique ses décisions au plus tard à la fin du mois de mai, et les bourses débutent le 1er septembre. Le dossier se dépose auprès de la représentation suisse du pays d'origine, qui applique un quota national : la concurrence se joue entre candidats d'un même pays, pas à l'échelle mondiale.

💡 Le saviez-vous ? Une candidature ESKAS de recherche ou de doctorat n'est recevable qu'avec une lettre d'acceptation d'un professeur suisse qui s'engage à superviser le travail. Ce contact doit donc être établi plusieurs mois avant le délai de dépôt. C'est cette pièce, et non le dossier administratif, qui élimine la majorité des candidats.

3. Quelles bourses les hautes écoles attribuent-elles elles-mêmes ?

C'est la voie principale pour un master, et la plus souvent ignorée. Chaque haute école suisse gère son propre programme d'excellence, financé sur ses fonds ou par des donateurs, et ouvert aux candidats étrangers sans condition de permis ni de durée de séjour. Les montants sont substantiels et le dépôt se fait au moment de la candidature au master, pas après.

ProgrammeMontant 2026DuréeCondition clé
ETH Zurich, Excellence Scholarship and Opportunity Programme (ESOP)12 000 CHF par semestre, porté à 13 500 CHF dès l'automne 2027, plus l'exonération des taxes d'étudesDurée réglementaire du master, 3 ou 4 semestresFaire partie des 10 % les mieux classés de son bachelor ; environ 60 bourses par an
EPFL, Master Excellence Fellowship10 000 CHF par semestre, logement garantiJusqu'à 4 semestres, 2e année sur renouvellementRenouvellement conditionné à 50 crédits ECTS et une moyenne d'environ 5,0 sur 6
Université de Genève, Excellence Master Fellowships10 000 à 15 000 CHF par an1 an, prolongée sur la durée du master en cas de succès au 1er semestreDossier séparé de l'admission, délai fin février
UNIL, Bourse de Master1 600 CHF par mois, soit 19 200 CHF par anDurée réglementaire du masterRéservée aux diplômés d'une université étrangère ; une dizaine de bourses par an ; deux lettres de recommandation et une taxe de dossier de 200 CHF

Deux logiques à ne pas confondre

À l'EPFZ, la bourse ESOP se demande via le système eApply pendant une fenêtre stricte du 1er au 30 novembre, et les candidats retenus passent un entretien en février. À l'EPFL, la démarche est intégrée à la candidature de master : il suffit de cocher la case correspondante et de joindre les pièces, avec deux tours de sélection, le 15 décembre puis le 31 mars. À l'UNIL et à l'UNIGE, le dossier de bourse est distinct de la demande d'admission et exige de candidater deux fois, auprès de deux services différents.

Conséquence pratique : la fenêtre de dépôt d'une bourse de master se situe presque toujours avant celle de l'admission ordinaire. Attendre la lettre d'admission pour chercher un financement revient à laisser passer le tour. Notre guide sur les résidences universitaires en Suisse et leurs délais d'inscription décrit le même phénomène côté logement, avec des listes d'attente ouvertes bien avant la rentrée.

4. Existe-t-il des bourses pour un Bachelor ?

Très peu, et c'est la principale déception des candidats. Les dispositifs suisses ouverts aux étrangers commencent presque tous au niveau master : la Confédération vise le doctorat et la recherche, les hautes écoles visent le master. L'EPFL fait figure d'exception avec un programme de bourses d'excellence de bachelor, mais le contingent est très restreint et la sélection porte autant sur le parcours extrascolaire que sur les notes.

Les trois financements réalistes d'un premier cycle

Pour un bachelor, la construction du budget repose sur trois piliers, dans cet ordre d'importance :

  1. Les bourses du pays d'origine. C'est la voie la plus efficace et la moins explorée : programmes nationaux de mobilité, fondations, entreprises et collectivités locales financent des études à l'étranger, souvent avec des délais plus souples que les dispositifs suisses. Le dossier se monte dans la langue et l'administration que le candidat maîtrise le mieux.
  2. L'activité accessoire. Les ressortissants d'États tiers peuvent travailler 15 heures par semaine au maximum pendant les semestres, et jusqu'à 40 heures durant les vacances universitaires, mais seulement au plus tôt six mois après le début de la formation, sur autorisation cantonale demandée par l'employeur. Les détails figurent dans notre guide sur les jobs étudiants et stages en Suisse.
  3. Le soutien familial, qui reste la source dominante et celle qui appelle le plus d'optimisation, comme on le verra en section 10.
💡 Bonne nouvelle sur les taxes : dans les universités cantonales suisses, la taxe semestrielle reste modeste, généralement entre 500 et 1 000 CHF selon l'établissement, sans différenciation selon la nationalité. La vraie difficulté d'un budget suisse n'est pas la scolarité, c'est le coût de la vie : voyez notre budget type d'un étudiant international en Suisse en 2026.

Le cas particulier des écoles polytechniques fédérales

Les deux EPF ont rompu avec ce principe. Depuis le semestre d'automne 2025, l'EPFZ applique un tarif triplé aux étudiants internationaux : 2 190 CHF par semestre, contre 730 CHF pour les étudiants suisses et pour ceux qui étaient domiciliés en Suisse au moment d'obtenir leur titre d'accès. À l'EPFL, la facture annuelle des étudiants concernés passe de 1 560 CHF à 4 680 CHF. Un régime transitoire protège les étudiants déjà immatriculés, qui terminent leur cursus au tarif ordinaire. Les ressortissants de l'Union européenne et de l'AELE titulaires d'un permis approprié, les personnes admises au titre du regroupement familial et les titulaires d'un statut de réfugié restent au tarif simple. C'est précisément ce qui rend l'exonération incluse dans la bourse ESOP de l'EPFZ particulièrement précieuse : elle vaut à elle seule 4 380 CHF par an pour un étudiant international.

5. Le doctorat est-il une bourse ou un salaire ?

Un salaire, dans la très grande majorité des cas. C'est la particularité suisse la plus mal comprise à l'étranger : un doctorat n'est pas un statut d'étudiant boursier mais un emploi salarié, avec contrat de travail, cotisations sociales et droits à la prévoyance. Postuler à une thèse en Suisse, c'est postuler à un poste.

Source de financementRémunération annuelle brute 2026Statut
Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS)50 000 CHF au minimum depuis le 1er janvier 2026Salarié de l'institution d'accueil
EPFL55 000 CHF depuis mai 2024Assistant doctorant, salarié
Médiane suisse, toutes institutionsEnviron 53 000 CHF, soit 3 920 à 6 690 CHF par mois à plein tempsSalarié
Bourse d'excellence de la Confédération (ESKAS)29 400 CHF, soit 2 450 CHF sur 12 moisBoursier, pas salarié

L'écart entre un poste d'assistant doctorant et une bourse ESKAS dépasse donc 20 000 CHF par an, et il ne se limite pas au montant. Le salarié cotise à l'AVS et à la prévoyance professionnelle, accumule des droits, et son permis est lié à un contrat de travail qui facilite la suite du parcours ; le boursier n'accumule rien et voit son autorisation expirer avec la bourse. Quand les deux options existent, le poste salarié l'emporte presque toujours. La bourse garde tout son sens lorsqu'elle finance un séjour de recherche court, ou lorsqu'aucun poste n'est ouvert dans le laboratoire visé.

Pour la suite du parcours, notre guide sur la manière de transformer un permis B étudiant en permis de travail détaille le délai accordé après le diplôme pour chercher un emploi.

6. Combien rapporte un semestre d'échange, et qui le finance ?

Entre 380 et 440 CHF par mois pour une mobilité soutenue par le Swiss-European Mobility Programme. Ce programme, désigné par le sigle SEMP et administré par l'agence nationale Movetia, est la réponse suisse à Erasmus+ depuis la non-association du pays au programme européen. Il finance les étudiants suisses partant à l'étranger comme les étudiants étrangers venant en Suisse.

Les montants concrets

Pour l'année académique 2025-2026, l'aide se situe entre 380 et 440 CHF par mois selon le pays d'origine ou de destination et le type de mobilité, sur des séjours de deux à douze mois. Pour un étudiant entrant dans une haute école suisse, la contribution s'établit couramment à 1 600 CHF par semestre, soit 400 CHF par mois, versés pour toute la durée de l'échange. Un bonus d'environ 100 CHF récompense l'usage d'un transport à faible émission pour le trajet.

Ces montants ne prétendent pas couvrir un budget suisse : ils compensent le surcoût de la mobilité. Un échange d'un semestre à Genève, à Lausanne ou à Zurich laisse un reste à charge de l'ordre de 1 400 à 1 800 CHF par mois, à financer par ailleurs. Le Conseil fédéral examine par ailleurs une association à Erasmus+ à l'horizon 2027, qui donnerait accès à l'ensemble des offres et réseaux européens.

7. Quelles aides existent en dehors des bourses ?

Trois familles d'aides, moins visibles mais bien plus accessibles que les grands programmes d'excellence. Elles ne financent pas des études entières, mais couvrent des trous de trésorerie ou réduisent des postes de dépense précis.

Les fonds d'urgence et de solidarité des hautes écoles

Chaque université suisse dispose d'un service d'aides financières estudiantines, doté de fonds propres et de legs, qui accorde des secours ponctuels ou de petits prêts sans intérêt aux étudiants confrontés à un accident de parcours : maladie, défaillance d'un garant, retard de versement d'une bourse étrangère. Ces aides ne relèvent pas du concordat et restent donc ouvertes aux étudiants étrangers. Elles se demandent auprès du service social de l'établissement, pas auprès du canton, et se traitent souvent en quelques semaines.

Les exonérations et réductions de taxes

Plusieurs universités prévoient une remise partielle ou totale de la taxe semestrielle sur justification de situation, ou une réduction pour les étudiants en fin de cursus ne suivant plus qu'un mémoire. À l'EPFZ, l'exonération des taxes d'études fait partie intégrante de la bourse ESOP, ce qui pèse lourd pour un étudiant international soumis au tarif majoré.

Les fondations privées

La Suisse compte plusieurs milliers de fondations, dont une partie soutient la formation. Les répertoires cantonaux de fondations, publiés notamment par le canton de Vaud, permettent de les identifier par domaine et par public visé. Attention à la direction du flux : certaines fondations réputées, comme la Fondation Zdenek et Michaela Bakala à Genève, financent des étudiants domiciliés en Suisse depuis cinq ans qui partent étudier à l'étranger, et non l'inverse. Lire la condition de domicile avant de monter le dossier fait gagner des semaines.

✅ Bonne pratique : combiner plutôt que viser une source unique. Un montage réaliste pour un master à Lausanne ou à Genève associe une bourse du pays d'origine, une activité accessoire de 15 heures par semaine, une chambre en résidence universitaire à 600 CHF au lieu de 1 100 CHF sur le marché privé, et une assurance maladie optimisée, dont la prime constitue le poste fixe le plus compressible du budget.

8. Une bourse suffit-elle à obtenir le permis de séjour ?

Oui, si elle est fermement accordée et suffisante. L'autorisation de séjour pour études est subordonnée à la preuve de moyens financiers couvrant les frais de vie et de formation. L'ordre de grandeur exigé est d'environ 21 000 CHF par an, avec des variations cantonales.

Le barème genevois, pris comme référence

À Genève, le minimum retenu pour un étudiant seul de 20 ans sans charge de famille s'établit à environ 2 464 CHF par mois, décomposés en 1 006 CHF d'entretien, 358 CHF de prime d'assurance maladie pour la tranche 19 à 25 ans, et jusqu'à 1 100 CHF de loyer. Le montant augmente avec l'âge et le nombre de personnes à charge.

Les trois preuves acceptées

PreuvePièces attenduesPoint de vigilance
Déclaration d'engagement d'un garantFormulaire cantonal signé par une personne solvable résidant en Suisse, justificatifs de revenus, attestation de solvabilitéLe garant doit résider en Suisse ; un garant établi à l'étranger n'est généralement pas accepté
Confirmation bancaireAttestation d'un établissement reconnu en Suisse justifiant des fonds disponibles pour l'annéeIl faut donc un compte en Suisse avant même d'avoir le permis
Garantie de bourseGarantie ferme d'octroi d'une bourse ou d'un prêt de formation suffisantsUne candidature en cours d'examen ne vaut pas garantie ferme

La preuve doit être renouvelée chaque année pendant toute la durée des études, au moment du renouvellement du permis. Une bourse d'un an non reconduite fragilise donc le renouvellement, même si le cursus se déroule bien. L'ensemble de la procédure est détaillé dans notre guide sur le permis de séjour étudiant en Suisse (B et L).

⚠️ Le cercle vicieux de l'installation : l'attestation bancaire suppose un compte suisse, et l'ouverture d'un compte en agence suppose souvent un permis, lui-même conditionné à l'attestation. Disposer d'un IBAN suisse nominatif ouvert à distance avant l'arrivée casse ce cercle et permet de réunir la preuve financière depuis son pays d'origine. Notre comparatif pour ouvrir un compte bancaire étudiant en Suisse détaille les options.

9. Quel est le calendrier réel des candidatures ?

Les grandes bourses se déposent 9 à 12 mois avant la rentrée visée. C'est la contrainte la plus sous-estimée : un dossier excellent déposé en juin pour une rentrée en septembre n'a plus aucun dispositif ouvert devant lui. Voici la séquence complète pour une rentrée en septembre 2027.

PériodeDispositifAction
Août 2026Bourses d'excellence de la Confédération (ESKAS)Ouverture de l'appel 2027-2028 le 20 août ; publication des offres et des délais par pays
Septembre à octobre 2026ESKAS, recherche et doctoratObtenir la lettre d'acceptation d'un professeur suisse superviseur
Fin octobre à mi-décembre 2026ESKASDélais de dépôt nationaux auprès de la représentation suisse
1er au 30 novembre 2026ETH Zurich, ESOPFenêtre de dépôt via eApply ; entretiens en février
15 décembre 2026EPFL, Master Excellence FellowshipPremier tour, intégré à la candidature de master
28 février 2027UNIGE, Excellence Master FellowshipsDélai de dépôt, dossier distinct de l'admission
31 mars 2027EPFL, Master Excellence FellowshipSecond tour
Fin mai 2027ESKASDécisions communiquées par la Commission fédérale des bourses
Juin à août 2027Permis et logementPreuve de moyens financiers, demande de permis, inscription en résidence
1er septembre 2027ESKASDébut des bourses

Les dates exactes varient d'une année et d'un pays à l'autre : elles sont à vérifier sur les pages officielles de chaque programme, listées en fin d'article. La logique, elle, ne varie pas : le financement se décide avant l'admission.

10. Comment recevoir sa bourse sans perdre au change ?

En faisant arriver les fonds sur un IBAN suisse nominatif et en maîtrisant la marge de conversion, poste par poste. Une bourse suisse se verse en francs sur un compte suisse, ce qui ne pose aucun problème de change. Le sujet se déplace ailleurs : la bourse couvre rarement la totalité du budget, et le complément arrive de l'étranger, en euros, en dollars, en réal ou en yuan, douze fois par an.

Ce que coûte la marge de change sur un budget étudiant

Une conversion bancaire classique prélève couramment 1,5 % à 3 % sous forme de marge intégrée au taux, à quoi s'ajoutent des frais fixes de virement international. Sur les montants d'un budget étudiant, l'addition se lit sur la durée du cursus.

Montant convertiCoût à 2 % de marge bancaireCoût avec ibani (0,40 %)Économie
1 800 CHF par mois36 CHF7,20 CHF28,80 CHF
21 000 CHF sur un an420 CHF84 CHF336 CHF
42 000 CHF sur un Master de 2 ans840 CHF168 CHF672 CHF
63 000 CHF sur un Bachelor de 3 ans1 260 CHF252 CHF1 008 CHF

Sur un bachelor, l'économie dépasse une année entière de taxes universitaires dans une université cantonale, ou près de trois mois de prime d'assurance maladie. La grille ibani est dégressive : 0,40 % jusqu'à 10 000 CHF, puis 0,35 % de 10 000 à 50 000 CHF, et jusqu'à 0,15 % au-delà de 250 000 CHF. Aucun frais d'ouverture, de tenue de compte ni de virement SEPA ne s'y ajoute.

Trois réflexes pratiques

  1. Ouvrir l'IBAN suisse avant le départ. Il sert à réunir la preuve de moyens financiers pour le permis, à payer le premier acompte de taxes et à verser la garantie de loyer, avant même l'arrivée en Suisse.
  2. Grouper les envois familiaux. Un versement trimestriel plutôt que mensuel réduit le nombre d'opérations et fait franchir plus vite les paliers de la grille dégressive.
  3. Choisir le moment de convertir. Sur une année, l'évolution du cours EUR/CHF pèse davantage que la marge elle-même. Notre page de prévisions de change CHF/EUR aide à cadrer cette décision, et le convertisseur de devises donne le montant exact reçu.
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Sources institutionnelles : SEFRI, bourses d'excellence de la Confédération suisse · SEFRI, FAQ des bourses d'excellence · CDIP, services cantonaux des bourses d'études · Concordat sur les bourses d'études (CBE), rsGE C 1 19 · ch.ch, bourses d'études et prêts de formation · ETH Zurich, Excellence Scholarship and Opportunity Programme · ETH Zurich, taxes d'études · EPFL, Master Excellence Fellowships · UNIL, bourse de Master · UNIGE, Excellence Master Fellowships · Movetia, Swiss-European Mobility Programme · Fonds national suisse de la recherche scientifique · République et canton de Genève, permis de séjour étudiant

Questions Fréquentes

Un étudiant étranger peut-il obtenir une bourse cantonale en Suisse ?

Presque jamais s'il vient en Suisse dans le seul but d'étudier. L'accord intercantonal sur l'harmonisation des régimes de bourses d'études, appelé concordat sur les bourses d'études, réserve les allocations de formation aux titulaires d'un permis d'établissement C, aux titulaires d'un permis de séjour qui séjournent légalement en Suisse depuis au moins cinq ans, aux personnes reconnues comme réfugiées ou apatrides, et aux ressortissants de l'Union européenne assimilés aux citoyens suisses par les accords internationaux. Le même texte exclut expressément les personnes qui séjournent en Suisse à des fins exclusives de formation. Un étudiant arrivé de l'étranger avec un permis B délivré pour ses études ne remplit donc pas la condition personnelle, et les années passées sur les bancs de l'université ne construisent pas les cinq ans exigés. Les cantons appliquent ce socle avec des variantes, mais aucun ne finance un séjour dont l'unique motif est la formation.

Quel est le montant de la bourse d'excellence de la Confédération suisse en 2026 ?

2 450 CHF par mois. Le Conseil fédéral a adapté l'ordonnance qui régit ces bourses et porté le montant mensuel à 2 450 francs au 1er janvier 2026. La bourse d'excellence de la Confédération, connue sous le sigle ESKAS et gérée par le Secrétariat d'État à la formation, à la recherche et à l'innovation, s'adresse à des chercheurs déjà titulaires d'un master ou d'un doctorat, avec une limite d'âge de 35 ans, et non à des candidats au bachelor. Elle finance un séjour de recherche de douze mois ou un doctorat pouvant aller jusqu'à trente-six mois. Une seconde filière, réservée à certains pays, permet à des étudiants en art de suivre un premier master en Suisse. L'offre est ouverte à 183 pays et le dépôt se fait auprès de la représentation suisse du pays d'origine. Aucune bourse postdoctorale ne sera plus attribuée à partir de l'année académique 2027-2028.

Existe-t-il des bourses pour un Bachelor en Suisse ?

Très peu, et c'est la principale déception des candidats. Les deux grands dispositifs suisses ouverts aux étrangers commencent au niveau master : les bourses de la Confédération visent le doctorat et la recherche, les fellowships d'excellence des hautes écoles visent le master. L'EPFL fait exception avec des bourses d'excellence de bachelor, mais en nombre très restreint. Pour un premier cycle, le financement repose donc en pratique sur trois sources : les bourses du pays d'origine, qui restent la voie la plus réaliste, une activité accessoire limitée à 15 heures par semaine et autorisée au plus tôt six mois après le début de la formation pour les ressortissants d'États tiers, et le soutien familial. Les taxes d'études des universités cantonales restent par ailleurs modestes, entre 500 et 1 000 CHF par semestre, ce qui déplace la vraie difficulté vers le coût de la vie.

Combien gagne un doctorant en Suisse en 2026 ?

Entre 50 000 et 55 000 CHF bruts par an dans la plupart des cas, parce qu'un doctorat suisse est un emploi salarié et non une bourse. Le Fonds national suisse de la recherche scientifique a porté le salaire minimum des doctorants qu'il finance à 50 000 francs par an au 1er janvier 2026. L'EPFL applique de son côté 55 000 francs depuis mai 2024. Les enquêtes de branche situent la médiane autour de 53 000 francs bruts annuels, avec une fourchette allant d'environ 3 920 à 6 690 francs bruts par mois à plein temps selon l'institution et la discipline. Cette rémunération est soumise aux cotisations sociales et donne des droits à l'AVS et à la prévoyance professionnelle, ce qu'aucune bourse ne procure. Postuler à un doctorat en Suisse revient donc à postuler à un poste, avec un contrat de travail et un permis lié à cet emploi.

Une bourse suffit-elle pour obtenir le permis de séjour étudiant en Suisse ?

Oui, à condition qu'elle soit fermement accordée et d'un montant suffisant. Les autorités cantonales exigent la preuve de moyens financiers couvrant les frais de vie et d'études, de l'ordre de 21 000 CHF par an selon le canton. À Genève, le barème de référence pour un étudiant seul de 20 ans sans charge de famille s'établit à environ 2 464 francs par mois, soit 1 006 francs d'entretien, 358 francs d'assurance maladie pour la tranche 19 à 25 ans et jusqu'à 1 100 francs de loyer. Trois preuves sont acceptées : une déclaration d'engagement d'un garant solvable résidant en Suisse, une confirmation bancaire d'un établissement reconnu en Suisse, ou la garantie ferme d'octroi d'une bourse ou d'un prêt de formation suffisants. Une candidature de bourse encore en cours d'examen ne suffit pas, et la preuve doit être renouvelée chaque année.

Comment recevoir sa bourse ou l'argent de sa famille sans perdre au change ?

En faisant arriver les fonds sur un IBAN suisse nominatif et en maîtrisant la marge de conversion. Une bourse suisse se verse en francs sur un compte suisse, mais la plupart des étudiants internationaux sont financés depuis leur pays en euros, en dollars ou dans une autre devise, et c'est sur cette conversion mensuelle que la facture se construit. Sur un budget de 21 000 CHF par an, une marge de change bancaire de 2 % représente 420 CHF perdus chaque année, soit environ un mois de prime d'assurance maladie et deux semestres de taxes universitaires. Avec ibani, l'ouverture du compte et les virements SEPA sont gratuits et la marge de change est de 0,40 % sur les montants habituels d'un budget étudiant, ce qui ramène le coût annuel à 84 CHF. L'IBAN suisse nominatif est aussi la pièce demandée par le service des bourses, l'université et la régie immobilière.