Tirelire du 3e pilier posée entre la Suisse et le pays de résidence, avec la mascotte ibani

3e pilier A et frontalier : qui peut vraiment déduire ses versements ?

Lecture : 14 minutes | Mise à jour :

Par Brice DELHOME

📌 En bref : cotiser, oui ; déduire, rarement
  • Tout frontalier salarié en Suisse peut ouvrir un 3e pilier A : la seule condition est un revenu soumis à l'AVS. Plafond 2026 : 7 258 francs avec une caisse de pension, 7 373 francs en 2027.
  • Le déduire est une autre affaire. Imposé à la source, le frontalier ne peut déduire son 3a que par une taxation ordinaire ultérieure (TOU), réservée aux quasi-résidents : au moins 90 % des revenus mondiaux du foyer imposables en Suisse, demande au plus tard le 31 mars, à renouveler chaque année.
  • Résident de France employé dans les huit cantons de l'accord de 1983 (Vaud, Berne, Neuchâtel, Valais, Jura, Soleure et les deux Bâle) et titulaire de l'attestation 2041-AS : salaire imposé en France, pas de déduction en Suisse, et aucune déduction prévue côté français.
  • Frontalier résidant en Allemagne (au sens de la convention) ou en Italie (accord de 2020) : retenue forfaitaire de 4,5 % pour le premier, TOU exclue pour le second. Pas de déduction suisse en pratique.
  • Le retrait est toujours imposé en Suisse à la source, même sans déduction préalable, avec un remboursement possible selon la convention fiscale du pays de résidence.

Le 3e pilier A est présenté partout comme le premier levier fiscal du salarié suisse : chaque franc versé, jusqu'au plafond, réduit le revenu imposable. Pour un frontalier, cette promesse ne tient que dans un cas précis. Le droit d'ouvrir un compte 3a est acquis dès le premier salaire suisse ; le droit d'en déduire les versements dépend du pays qui impose ce salaire, du canton d'emploi et des revenus du conjoint. Ce guide distingue les deux, situation par situation, et montre ce qui se passe au moment du retrait.

1. Un frontalier peut-il ouvrir un 3e pilier A ?

Oui. Seules les personnes qui perçoivent un revenu d'une activité lucrative soumise à l'AVS peuvent conclure un contrat de prévoyance liée, et c'est le cas de tout frontalier salarié par un employeur en Suisse. L'Administration fédérale des contributions le dit sans détour dans sa circulaire sur le pilier 3a, en vigueur depuis le 1er janvier 2026 : les frontaliers domiciliés à l'étranger peuvent aussi se constituer un pilier 3a, qu'ils puissent déduire leurs cotisations en Suisse ou non.

SituationPlafond 2026Plafond 2027
Salarié affilié à une caisse de pension (2e pilier)7 258 francs7 373 francs
Sans caisse de pension, par exemple indépendant20 % du revenu d'activité, au plus 36 288 francs20 % du revenu d'activité, au plus 36 864 francs

Trois règles pratiques complètent ces plafonds :

  • Le versement doit être crédité sur le compte au plus tard le 31 décembre pour compter dans l'année, rappelle l'Office fédéral des assurances sociales.
  • Plusieurs comptes sont possibles, auprès de plusieurs banques ou assureurs, tant que le total annuel ne dépasse pas le plafond. Aucune limite fédérale ne fixe leur nombre. Un compte existant ne peut en revanche pas être scindé après coup.
  • Les versements cessent avec l'activité lucrative : dès que l'emploi en Suisse prend fin, la fondation ou l'assureur ne peut plus accepter de cotisations. L'année où l'activité s'arrête, la cotisation complète reste admise.

2. Pourquoi le droit de cotiser ne donne-t-il pas le droit de déduire ?

Parce que l'impôt à la source du frontalier ne laisse aucune place aux déductions individuelles. Le barème appliqué par l'employeur intègre, sous forme de forfaits, les frais professionnels et les cotisations obligatoires (AVS, caisse de pension, assurances) ; le 3a n'y figure pas. La circulaire de l'Administration fédérale des contributions le précise : le calcul du barème de l'impôt à la source ne tient pas compte des déductions individuelles telles que les cotisations au pilier 3a.

Et sans démarche, cet impôt est définitif. L'article 99 de la loi fédérale sur l'impôt fédéral direct le pose en une phrase : aucune déduction ultérieure supplémentaire n'est accordée. La seule porte de sortie est la taxation ordinaire ultérieure, qui remplace la retenue forfaitaire par une véritable déclaration d'impôt avec ses déductions. Elle n'est ouverte qu'à certains frontaliers.

3. Qui peut déduire, selon le pays de résidence et le canton d'emploi ?

La réponse dépend d'abord de l'accord fiscal qui s'applique au salaire. Le tableau résume les situations les plus courantes.

SituationOù le salaire est imposéDéduction du 3a en Suisse
Résident de France employé à Genève, à Zurich, en Argovie ou dans un autre canton hors accord de 1983À la source en Suisse ; déclaré en France avec un crédit d'impôtPossible par TOU, si le foyer est quasi-résident (90 %)
Résident de France employé à Vaud, Berne, Neuchâtel, Valais, Jura, Soleure, Bâle-Ville ou Bâle-Campagne (accord de 1983)En FranceSans objet : pas d'impôt suisse sur le salaire
Résident d'Allemagne (frontalier au sens de la convention)En Allemagne, après une retenue suisse de 4,5 %Non en pratique : retenue forfaitaire, seuil de 90 % inatteignable
Résident d'Italie employé au Tessin, aux Grisons ou en Valais (accord de 2020)En Suisse à la source, et en Italie pour les nouveaux frontaliersNon : la TOU est exclue par l'accord
Résident d'AutricheÀ la source en Suisse (plus de règle frontalière dans la convention depuis 2007) ; traitement autrichien non décrit iciEn principe possible par TOU si le seuil de 90 % est atteint, à faire confirmer par le canton d'emploi

Résident de France employé dans les huit cantons de l'accord de 1983

C'est le cas le plus contre-intuitif. Le frontalier qui travaille à Lausanne, Neuchâtel ou Bâle et rentre chaque soir en France est imposé sur son salaire en France, sur présentation de l'attestation de résidence 2041-AS. La Suisse ne prélève pas d'impôt sur ce salaire : il n'y a donc rien dont déduire le 3a. Et la France ne prend pas le relais : la doctrine fiscale admet en déduction les cotisations versées aux régimes obligatoires de retraite et de prévoyance du pays d'emploi ; le 3a, facultatif, n'en fait pas partie, et la déclaration 2047-SUISSE prévoit des lignes pour l'AVS, le 2e pilier obligatoire et ses rachats ou la LAMal, mais aucune pour le 3a. Pour ce frontalier, un versement 3a ne réduit l'impôt dans aucun des deux pays. Le sujet du statut fiscal de ces frontaliers est traité dans notre guide des jours de non-retour.

Résident d'Allemagne : une retenue forfaitaire de 4,5 %

La convention germano-suisse limite l'impôt suisse à une retenue de 4,5 % du salaire brut, que l'Allemagne impute sur son propre impôt. L'administration fiscale zurichoise décrit cette retenue comme un impôt forfaitaire fixe, qui ne peut en principe pas être réduit. Comme le salaire relève de l'imposition allemande, le frontalier ne peut, en pratique, pas atteindre le seuil de 90 % de revenus imposables en Suisse qu'exige la TOU ; aucun texte suisse ne traite d'ailleurs expressément le 3a du frontalier allemand. La question de la déduction se pose donc côté allemand, et la réponse est à demander au Finanzamt.

Résident d'Italie : une TOU expressément exclue

L'accord du 23 décembre 2020 sur l'imposition des frontaliers prévoit que l'imposition dans l'État d'emploi se fait par voie d'imposition à la source et que toute autre méthode est exclue. L'ordonnance fédérale sur l'impôt à la source le traduit : ces frontaliers ne peuvent pas faire l'objet d'une taxation ordinaire ultérieure. L'Administration fédérale des contributions et le canton du Tessin le confirment. L'impôt à la source est définitif, et le 3a n'est pas déductible en Suisse. Notre guide des impôts du frontalier détaille ce régime et la distinction entre anciens et nouveaux frontaliers.

4. La TOU de quasi-résident : comment obtenir la déduction ?

Pour le frontalier imposé à la source hors des cas ci-dessus, typiquement un résident de France employé à Genève, la déduction du 3a passe par la taxation ordinaire ultérieure prévue à l'article 99a de la loi sur l'impôt fédéral direct. L'administration genevoise l'écrit en toutes lettres : pour déduire vos cotisations au 3e pilier A, vous devez avoir le statut de quasi-résident et faire une demande de TOU.

Les conditions

  • Au moins 90 % des revenus bruts mondiaux imposables en Suisse, ceux du conjoint compris. Un salaire du conjoint perçu en France, un loyer encaissé en Haute-Savoie ou des revenus de placements français entrent dans le calcul et peuvent suffire à faire échouer le test.
  • Une demande écrite au plus tard le 31 mars de l'année suivante, déposée auprès de l'administration fiscale du canton d'emploi ; à Genève, au moyen du formulaire DRIS/TOU. Le délai ne peut pas être prolongé.
  • Une demande qui ne peut pas être retirée une fois déposée, même si la taxation se révèle moins favorable que l'impôt à la source.
  • Une demande à renouveler chaque année. Pour un non-résident, la TOU vaut pour une seule période fiscale ; seuls les résidents de Suisse imposés à la source restent ensuite en taxation ordinaire d'office.
  • Un représentant ou une adresse de notification en Suisse, que l'administration peut exiger d'un contribuable domicilié à l'étranger.
💡 L'exemple officiel : la circulaire de l'Administration fédérale des contributions sur l'impôt à la source décrit un résident de France qui perçoit 100 000 francs de salaire suisse sur un revenu mondial de 132 200 francs, soit 75,7 % selon la circulaire. Il n'a pas le statut de quasi-résident : il ne peut pas obtenir de TOU, et donc pas déduire son 3a. L'administration genevoise donne un cas voisin, celui d'un couple dont le conjoint travaille dans le canton de Vaud et paie donc son impôt en France : 68,18 %, pas de quasi-résidence.

Le revers de la TOU

La taxation ordinaire ne se contente pas d'ajouter le 3a aux forfaits : elle recalcule tout l'impôt, avec un taux qui tient compte de l'ensemble des revenus du foyer, et impute l'impôt déjà retenu à la source. L'administration genevoise prévient qu'un impôt supplémentaire est possible, et conseille de faire des versements volontaires en cours d'année en prévision. Un bien locatif en France, par exemple, peut faire monter le taux au point d'annuler le gain du 3a. Une simulation avant le dépôt est indispensable, puisque la demande ne peut plus être retirée. Notre dossier sur le statut de quasi-résident détaille le calcul des 90 %, et notre guide sur la rectification de l'impôt à la source à Genève explique la différence avec la DRIS, qui ne permet plus de déduire le 3a depuis 2021.

5. Peut-on racheter les années manquées ?

Depuis le 1er janvier 2025, l'ordonnance sur la prévoyance individuelle liée permet de combler par un rachat les années où la cotisation maximale n'a pas été versée. Aucune disposition n'en exclut les frontaliers. Les conditions sont strictes :

  • Avoir perçu un revenu soumis à l'AVS l'année à combler, et l'attester par écrit auprès de la fondation ou de l'assureur.
  • Verser la cotisation maximale l'année du rachat, soit 7 258 francs en 2026 pour un salarié affilié à une caisse de pension.
  • Ne pas dépasser, par année de rachat, le montant de la petite cotisation : 7 258 francs en 2026, et 7 373 francs en 2027.
  • Seules les lacunes nées à partir de 2025 peuvent être comblées, dans la limite des dix années précédant le rachat. Les premiers rachats sont donc possibles en 2026, pour l'année 2025.
  • Plus de rachat après un premier retrait de prestations de vieillesse.

Pour un frontalier, la logique fiscale reste celle du versement ordinaire : le rachat ne réduit l'impôt suisse que si une TOU est obtenue pour l'année du rachat. Pour un frontalier des huit cantons de l'accord de 1983, il ne réduit l'impôt nulle part. Le rachat de 2e pilier, qui obéit à d'autres règles, est traité dans notre guide rachat d'années LPP.

6. Comment le retrait est-il imposé ?

L'avoir 3a peut être retiré au plus tôt cinq ans avant l'âge de référence de l'AVS, et au plus tard cinq ans après si l'activité lucrative se poursuit, soit entre 60 et 70 ans pour un âge de référence de 65 ans. Un retrait anticipé est possible en cas de rente entière d'invalidité, d'achat de son logement, de début d'activité indépendante en Suisse ou de départ définitif de Suisse. Un retrait partiel solde le compte concerné : pour échelonner les retraits sur plusieurs années, il faut avoir alimenté plusieurs comptes, un compte existant ne pouvant pas être scindé.

⚠️ Fin d'emploi en Suisse : le motif du départ définitif de Suisse est formulé pour une personne qui quitte le pays. Les textes fédéraux ne disent pas s'il s'applique à un frontalier qui cesse de travailler en Suisse sans y avoir résidé : renseignez-vous auprès de votre fondation avant de compter dessus.

En Suisse : un impôt à la source toujours prélevé

Le capital versé à une personne domiciliée à l'étranger est soumis à l'impôt à la source, et la circulaire de l'Administration fédérale des contributions rappelle qu'un retrait du pilier 3a est toujours imposé, que les cotisations aient été déduites ou non. La part fédérale, calculée selon un barème propre aux prestations en capital, va de 0 % jusqu'à 25 000 francs à 2,60 % au maximum (entre 150 000 et 750 000 francs), pour une personne seule ; s'y ajoute la part du canton où la fondation a son siège. Cet impôt peut être remboursé en totalité, sans intérêts, sur demande déposée dans les trois ans qui suivent le versement, avec une attestation de l'autorité fiscale du pays de résidence. Lorsque la France n'impose qu'une partie du capital, comme ce serait a priori le cas pour les huit cantons (voir plus bas), le remboursement pourrait n'être que partiel : la convention franco-suisse permet à la Suisse d'imposer la fraction que la France n'impose pas. Aucun texte officiel ne traite expressément ce cas.

Pays de résidence au moment du retraitRemboursement de l'impôt à la source suisse sur le capital 3a
FranceOui, à condition que le capital soit imposé en France (justificatif exigé)
ItalieOui, à condition que le capital soit imposé en Italie
AllemagneOui
AutricheOui

En France : un régime qui dépend de la déductibilité des versements

Le Bulletin officiel des finances publiques distingue deux cas. Il impose selon le régime des cotisations non déductibles les 3a dont les cotisations n'ont été déductibles ni en Suisse ni en France : seule la part qui représente les produits acquis est imposable, comme un revenu de capitaux mobiliers, avec les prélèvements sociaux. C'est a priori la situation du frontalier des huit cantons de l'accord de 1983, mais aucun paragraphe ne vise expressément son cas : faites-la confirmer par votre service des impôts. Lorsque le canton d'imposition admet la déduction, ce régime ne s'applique pas : le capital relève a priori du régime des pensions, avec une option possible pour une imposition à 7,5 % après un abattement de 10 %, si le capital est versé en une seule fois. La situation d'un frontalier genevois qui n'a jamais obtenu de TOU n'est pas traitée en propre par le Bulletin officiel : faites-la confirmer par votre service des impôts avant le retrait.

Pour un résident d'Italie, l'Agenzia delle Entrate a estimé, dans une réponse à un contribuable, que le capital d'un 3a versé en une fois relève de la « tassazione separata » des pensions. Pour un résident d'Allemagne, le traitement du capital relève du Finanzamt.

7. Sans déduction, que reste-t-il à peser ?

Pour le frontalier qui ne peut rien déduire, le 3a perd l'avantage qui fait sa réputation. Il garde d'autres caractéristiques, qui jouent dans les deux sens :

  • L'argent est bloqué jusqu'à cinq ans avant l'âge de référence, hors cas de retrait anticipé, et le cas de la fin d'emploi d'un frontalier n'est pas tranché par les textes fédéraux.
  • Le retrait est imposé en Suisse à la source, avec un remboursement qui suppose une démarche et, pour la France et l'Italie, une imposition dans le pays de résidence.
  • Pour un résident de France des huit cantons, dont les versements n'ont été déduits nulle part, seuls les produits seraient imposés en France au retrait, sous réserve de confirmation par l'administration française ; l'impôt suisse pourrait alors n'être remboursé qu'en partie.
  • L'épargne reste en francs jusqu'au retrait, ce qui expose son équivalent en euros aux variations du change, dans un sens comme dans l'autre.

Le choix dépend de l'horizon de chacun, de ses autres placements et de sa situation fiscale au moment du retrait. Ce guide décrit les règles ; il ne remplace pas un conseil personnalisé. Notre présentation du système des trois piliers situe le 3a par rapport à l'AVS et à la caisse de pension, et notre guide des déductions fiscales du frontalier passe en revue les autres postes.

8. Versements en francs, retraite en euros : comment s'organiser ?

Les versements 3a se font en francs, et le capital est versé en francs au retrait. Pour un frontalier dont la vie courante est en euros, cela fait deux moments de change : au versement, si l'épargne provient d'un compte en euros, et au retrait, quand le capital doit rejoindre ce compte. Un retrait en une fois concentre plusieurs années d'épargne sur une seule conversion, à un cours que personne ne choisit à l'avance.

Pour les francs à rapatrier vers le compte en euros, un IBAN suisse nominatif de transit permet de les recevoir et de les convertir ; en mode manuel, le moment du change se choisit dans un délai de 30 jours. ibani est un intermédiaire financier suisse établi à Genève, pas une banque : il convertit au taux réel du marché, majoré d'une marge de 0,40 % à 0,15 % selon le montant. Le cours du jour se suit sur notre convertisseur CHF-EUR, et notre page service pour frontaliers présente l'offre.

9. Questions fréquentes

Oui. La condition est de percevoir un revenu d'une activité lucrative soumise à l'AVS, ce qui est le cas de tout frontalier salarié par un employeur en Suisse. L'Administration fédérale des contributions le précise expressément : les frontaliers domiciliés à l'étranger peuvent se constituer un pilier 3a, qu'ils puissent ou non déduire leurs cotisations en Suisse. En 2026, le versement est plafonné à 7 258 francs pour un salarié affilié à une caisse de pension ; il passera à 7 373 francs en 2027.

Seulement par une taxation ordinaire ultérieure (TOU). Le barème de l'impôt à la source ne tient pas compte du 3a, et sans TOU l'impôt retenu est définitif. Pour demander une TOU, un frontalier doit être quasi-résident : au moins 90 % des revenus bruts mondiaux de son foyer, conjoint compris, doivent être imposables en Suisse. La demande écrite doit être déposée auprès de l'administration fiscale du canton d'emploi au plus tard le 31 mars de l'année suivante, elle ne peut pas être retirée et doit être renouvelée chaque année.

Non, s'il réside en France et remplit les conditions de l'accord franco-suisse du 11 avril 1983, qui couvre les cantons de Vaud, Berne, Soleure, Bâle-Ville, Bâle-Campagne, Valais, Neuchâtel et Jura. Son salaire est imposé en France, pas en Suisse : il n'y a donc pas d'impôt suisse dont déduire le 3a. Côté français, parmi les cotisations versées en Suisse, seules celles des régimes obligatoires sont admises en déduction, et la déclaration 2047-SUISSE ne prévoit aucune ligne pour le 3a. Ses versements ne réduisent donc l'impôt dans aucun des deux pays.

En pratique, non. Pour un résident d'Allemagne, la Suisse prélève une retenue forfaitaire de 4,5 % du salaire brut, que l'administration zurichoise décrit comme non réductible ; le salaire étant imposable en Allemagne, le seuil de 90 % de la TOU ne peut, en pratique, pas être atteint. Pour un frontalier résidant en Italie et relevant de l'accord de 2020, la taxation ordinaire ultérieure est expressément exclue : l'impôt à la source est définitif. Le traitement éventuel des versements dans le pays de résidence relève de son administration fiscale.

Aucune règle ne l'en exclut. Depuis le 1er janvier 2025, l'ordonnance sur la prévoyance individuelle liée permet de racheter les années incomplètes, à trois conditions : avoir perçu un revenu soumis à l'AVS l'année concernée, verser la cotisation maximale l'année du rachat, et ne pas dépasser, par année de rachat, le montant de la petite cotisation. Seules les lacunes nées à partir de 2025 peuvent être comblées ; les premiers rachats sont donc possibles en 2026. Comme le versement ordinaire, le rachat ne réduit l'impôt suisse que si le frontalier obtient une TOU.

En Suisse, le capital versé à une personne domiciliée à l'étranger est toujours soumis à l'impôt à la source, que les versements aient été déduits ou non. La part fédérale va de 0 % à 2,60 % selon le montant ; s'y ajoute la part du canton où siège la fondation. Cet impôt peut être remboursé, sur demande déposée dans les trois ans avec une attestation du pays de résidence ; pour la France et l'Italie, à condition que le capital y soit imposé. En France, pour un frontalier des huit cantons de l'accord de 1983, seuls les produits du capital devraient être imposés, sous réserve de confirmation par l'administration française ; l'impôt suisse pourrait alors n'être remboursé qu'en partie.

Le versement doit être crédité sur le compte 3a au plus tard le 31 décembre pour compter dans l'année. Pour un frontalier quasi-résident qui veut le déduire, une seconde échéance suit : la demande de taxation ordinaire ultérieure pour cette même année doit être déposée au plus tard le 31 mars de l'année suivante. Les deux dates sont indépendantes : un versement fait en janvier compte pour la nouvelle année, et une TOU demandée en avril n'est plus recevable.
Avertissement : ce guide décrit les règles en vigueur au 11 octobre 2026 et les plafonds annoncés pour 2027. La possibilité de déduire dépend de l'accord fiscal applicable, du canton d'emploi, des revenus du foyer et de leur répartition entre les pays. Ces informations sont fournies à titre indicatif et ne constituent ni un conseil fiscal, ni un conseil en placement, ni une recommandation en matière de change. Faites confirmer votre situation par l'administration fiscale de votre canton d'emploi et par celle de votre pays de résidence avant toute décision.

Méthodologie et sources : la déduction des cotisations au 3a repose sur l'article 33 de la loi fédérale sur l'impôt fédéral direct (LIFD), dont les articles 99 et 99a fixent aussi le caractère définitif de l'impôt à la source et la taxation ordinaire ultérieure des non-résidents. Les plafonds, le rachat (articles 7a et 7b, en vigueur depuis le 1er janvier 2025) et les cas de retrait proviennent de l'ordonnance sur la prévoyance individuelle liée (OPP 3). Le droit des frontaliers à un pilier 3a, l'absence du 3a dans le barème de l'impôt à la source, la déduction par TOU, le nombre de comptes, le retrait partiel et l'imposition de tout retrait sont tirés de la circulaire n° 18a de l'Administration fédérale des contributions (en vigueur depuis le 1er janvier 2026). Le seuil de 90 % et l'irrévocabilité de la demande figurent à l'article 14 de l'ordonnance du DFF sur l'impôt à la source, qui exclut aussi la TOU pour les frontaliers de l'accord italo-suisse ; le renouvellement annuel pour les non-résidents et l'exemple de 75,7 % proviennent de la circulaire n° 45 sur l'impôt à la source. Les plafonds 2026 et le délai du 31 décembre sont ceux de l'Office fédéral des assurances sociales, les plafonds 2027 du communiqué du Conseil fédéral du 5 octobre 2026, et les règles du rachat sont précisées par la FAQ de l'Office fédéral des assurances sociales. Pour Genève, les conditions du statut de quasi-résident, l'exemple de 68,18 %, le renouvellement annuel, l'avertissement sur l'impôt supplémentaire et la fin de la déduction par DRIS proviennent des pages de l'administration fiscale cantonale sur le statut de quasi-résident, sur la taxation ordinaire ultérieure, sur la DRIS et sur la déduction des cotisations aux 2e et 3e piliers. Le régime des frontaliers des huit cantons et les lignes de charges déductibles sont ceux du formulaire 2047-SUISSE 2026 ; la déduction des cotisations obligatoires suit le BOI-RSA-BASE-30-10-10. L'imposition en France du capital provient du BOI-RPPM-RCM-10-30-10-10 pour les cotisations non déductibles et du BOI-RSA-PENS-30-10-20 pour l'option à 7,5 %. L'impôt à la source sur le capital, son barème fédéral 2026, le délai de remboursement et les conditions par pays proviennent de la lettre circulaire n° 217 de l'Administration fédérale des contributions (état au 1er janvier 2026) ; la possibilité pour la Suisse d'imposer la fraction non imposée en France découle de l'article 20 de la convention franco-suisse de double imposition. Pour l'Allemagne, la retenue de 4,5 % découle de l'article 15a de la convention germano-suisse, et son caractère forfaitaire est décrit dans la fiche de l'administration fiscale zurichoise (janvier 2026). Pour l'Italie, l'exclusion de la TOU figure à l'article 3 de l'accord du 23 décembre 2020 et dans la FAQ de l'Administration fédérale des contributions, ainsi que sur la page de l'administration fiscale tessinoise ; la position italienne sur le capital, dans la réponse n° 471 du 14 octobre 2020 de l'Agenzia delle Entrate. L'abrogation de la règle frontalière austro-suisse ressort de la convention avec l'Autriche.

Un salaire en francs, des charges en euros ?

Notre équipe basée à Genève accompagne les frontaliers qui perçoivent des revenus en francs suisses et doivent régler leurs charges en euros. Un intermédiaire financier audité pour son activité, affilié à SO-FIT (OAR).

Nous sommes à votre disposition par email ou par téléphone du lundi au vendredi.

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