1. Qu'est-ce qu'un compte de libre passage et quand y atterrit-on ?
Quand vous quittez un employeur, votre avoir de 2e pilier ne vous est pas versé : il quitte la caisse de pension sous la forme d'une prestation de sortie. Si vous entrez immédiatement dans une nouvelle caisse, elle y est transférée et l'histoire s'arrête là. Si vous n'entrez dans aucune nouvelle caisse, la loi fédérale sur le libre passage impose de maintenir la prévoyance sous une autre forme : c'est le compte de libre passage.
Les situations qui y conduisent sont plus banales qu'on ne le croit : période de chômage, congé sabbatique, reprise d'études, passage à l'indépendance, départ à l'étranger, licenciement, congé parental prolongé, ou partage de la prévoyance à la suite d'un divorce. Dans tous ces cas, le capital doit atterrir quelque part.
La loi prévoit deux formes seulement. Le compte de libre passage, ouvert auprès d'une fondation bancaire ou d'une fondation indépendante, qui est un pur réceptacle d'épargne. Et la police de libre passage, souscrite auprès d'un assureur, qui peut inclure une couverture en cas de décès ou d'invalidité. Sur un compte, cette couverture n'existe pas : c'est un point que beaucoup découvrent trop tard.
L'ampleur du phénomène est documentée. À fin décembre 2025, l'institution supplétive gérait environ 1,6 million de comptes pour quelque 21 milliards de francs, dont 960 000 comptes sans contact — soit 60 % du total — représentant 6,75 milliards de francs. Dans 74 % de ces comptes sans contact, le solde est inférieur à 5 000 francs, souvent parce que les banques refusent les petits montants. Chaque année, environ 5 300 comptes de titulaires ayant atteint 75 ans sont transférés au Fonds de garantie LPP, pour un montant moyen de 4 700 francs.
Autrement dit : près d'un million de comptes de prévoyance dorment sans que leur titulaire donne signe de vie. Si vous avez changé d'employeur plusieurs fois, la Centrale du 2e pilier permet de rechercher gratuitement des avoirs oubliés.
2. Peut-on cotiser sur un compte de libre passage ?
Non. C'est la réponse la plus contre-intuitive de ce guide, et la source de la confusion la plus fréquente avec le pilier 3a.
Un compte de libre passage n'accepte aucun versement volontaire et n'ouvre droit à aucune déduction fiscale. Vous ne pouvez pas y verser 500 francs en fin d'année pour réduire votre revenu imposable, comme vous le feriez sur un 3a. Ce n'est pas un produit d'épargne : c'est un compte de conservation.
Ce qui peut entrer
- La prestation de sortie versée par une caisse de pension.
- Le transfert d'un autre compte ou d'une police de libre passage, par exemple lorsque vous regroupez ou déplacez vos avoirs.
- Le remboursement d'un versement anticipé effectué antérieurement pour la propriété du logement.
- La part attribuée lors du partage de la prévoyance en cas de divorce.
- Les intérêts ou la performance des placements, selon la solution retenue.
Ce qui n'entre jamais
- Un versement libre depuis votre compte courant, quel qu'en soit le montant.
- Un rachat. Le rachat d'années de cotisation suppose d'être affilié à une caisse de pension. Tant que votre avoir dort en libre passage, aucun rachat n'est possible — il faut d'abord le transférer dans la caisse d'un employeur.
- Des cotisations de l'employeur, puisqu'il n'y a plus d'employeur.
3. Y a-t-il un plafond ? Les limites de montant réelles
Il n'existe aucun plafond de montant sur un compte de libre passage. Un avoir de 800 000 francs y est aussi légitime qu'un avoir de 3 000 francs. C'est la conséquence logique du point précédent : puisqu'on ne verse rien, il n'y a rien à plafonner. Le contraste avec le pilier 3a est net — celui-ci est limité en 2026 à 7 258 CHF pour une personne affiliée à une caisse de pension et à 36 288 CHF pour une personne qui ne l'est pas.
La seule limite quantitative est ailleurs : la prestation de sortie peut être répartie entre deux institutions au maximum. Ni une troisième, ni une quatrième. Cette règle, souvent perçue comme une contrainte administrative, est en réalité l'un des rares leviers d'optimisation du dispositif — nous y revenons à la section 7.
Côté montant minimum, la plupart des fondations indépendantes n'en imposent aucun : finpension accepte un transfert dès 1 franc. Certaines banques traditionnelles, en revanche, refusent les soldes trop faibles, ce qui explique une partie des 960 000 comptes sans contact évoqués plus haut.
Pour mémoire, les autres montants-limites LPP applicables en 2026, inchangés par rapport à 2025 : seuil d'entrée 22 680 CHF, déduction de coordination 26 460 CHF, salaire annuel maximal assuré 90 720 CHF, taux de conversion minimal 6,8 %.
4. Les cinq familles de solutions comparées
Les offres se comptent par dizaines — on recense plus de soixante fondations de libre passage en Suisse — mais elles se ramènent à cinq familles, dont les logiques sont très différentes.
| Solution | Rémunération ou frais (relevé du 31 août 2026) | Couverture décès / invalidité | Adaptée à |
|---|---|---|---|
| Caisse de pension du nouvel employeur ce n'est pas du libre passage, c'est la sortie du libre passage | Taux minimal LPP de 1,25 % sur la part obligatoire en 2026. Rachats déductibles à nouveau possibles. | Oui, incluse | Toute personne qui retrouve un emploi soumis à la LPP |
| Fondation institution supplétive LPP l'option par défaut | 0,05 % depuis le 1er janvier 2026 (0,40 % en janvier 2025). Aucun frais de tenue de compte ; frais uniquement en cas de retrait anticipé ou de nantissement. | Non | Personne : c'est le résultat d'une absence de décision |
| Compte de libre passage bancaire | Moyenne du marché 0,082 % au 1er janvier 2026 ; meilleur taux relevé 0,50 %. Frais de tenue jusqu'à 36 CHF par an et frais de clôture chez certains établissements. | Non | Horizon court, ou besoin d'un capital garanti nominalement |
| Fondation de libre passage en titres finpension, VIAC, Liberty, Lemania… | finpension : 0,49 % tout compris, dès 1 CHF. VIAC : commission plafonnée à 0,40 % plus environ 0,01 % de coûts produits, soit moins de 0,44 % tout compris pour une stratégie investie, la part liquide étant rémunérée 0,05 %. Part actions jusqu'à 100 % selon la stratégie. | Non | Horizon long et tolérance aux fluctuations de marché |
| Police de libre passage auprès d'un assureur | Frais intégrés à la prime, rendement généralement inférieur à celui d'une solution en titres. | Oui, selon le contrat | Besoin d'une couverture de risque pendant la période sans employeur |
Deux remarques sur ce tableau. D'abord, la première ligne n'est pas vraiment une solution de libre passage : c'est le rappel que la meilleure destination de votre avoir reste une caisse de pension, dès que vous en avez une. Ensuite, aucune de ces solutions n'est intrinsèquement supérieure aux autres : un compte bancaire à 0,50 % est plus adapté qu'une stratégie 100 % actions si vous prévoyez de retirer votre capital dans dix-huit mois pour acheter un logement.
5. Ce que chaque solution coûte et rapporte
Voici la même décision, traduite en francs. L'exemple porte sur un capital de 150 000 CHF laissé en place pendant dix ans, ce qui correspond au cas typique d'une personne de la cinquantaine qui quitte un employeur.
| Solution | Rendement net retenu | Capital après 10 ans | Écart avec l'option par défaut |
|---|---|---|---|
| Institution supplétive | 0,05 % (taux constaté) | 150 752 CHF | référence |
| Meilleur compte bancaire du marché | 0,50 % (taux constaté) | 157 671 CHF | + 6 919 CHF |
| Caisse de pension, part obligatoire | 1,25 % (taux minimal 2026) | 169 841 CHF | + 19 089 CHF |
| Fondation en titres, 60 % actions | 3,55 % (hypothèse : 4,0 % brut moins 0,45 % de frais) | 212 614 CHF | + 61 863 CHF |
| Fondation en titres, 100 % actions | 5,55 % (hypothèse : 6,0 % brut moins 0,45 % de frais) | 257 439 CHF | + 106 687 CHF |
Le coût des frais mérite d'être regardé séparément. Sur la ligne à 60 % d'actions, une commission tout compris de 0,45 % par an représente environ 8 100 francs de frais cumulés sur dix ans — soit à peu près l'équivalent du gain total qu'aurait produit le meilleur compte bancaire du marché sur la même période. C'est pourquoi la comparaison des frais entre fondations en titres, où les écarts se jouent en dixièmes de point, pèse beaucoup moins lourd que le choix de la famille de solution elle-même.
6. Le canton du siège : le paramètre que personne ne regarde
C'est le point le plus mal connu de tout le dispositif, et celui qui coûte le plus cher.
Si vous êtes domicilié à l'étranger au moment du retrait — le cas de tout frontalier qui n'a jamais résidé en Suisse, et de tout expatrié reparti — l'impôt prélevé n'est pas celui de votre domicile, ni celui du canton où vous travailliez, ni celui de votre ancienne caisse de pension. C'est l'impôt à la source du canton où la fondation de libre passage a son siège juridique.
Or les fondations ne siègent pas au même endroit, et l'écart entre cantons est considérable.
| Fondation | Canton du siège | Position fiscale relative |
|---|---|---|
| finpension Fondation de libre passage | Schwyz (SZ) | Parmi les plus favorables |
| Liberty et Lealta Fondations de libre passage | Schwyz (SZ) | Parmi les plus favorables |
| Fondation de libre passage de la Banque WIR (solution VIAC) | Bâle (BS) | Canton urbain, nettement moins favorable |
| Fondation Lemania de libre passage | Genève (GE) | Canton romand, nettement moins favorable |
Deux exemples chiffrés donnent l'ordre de grandeur. Sur un capital de 500 000 francs, une analyse documentée du marché suisse chiffre l'impôt à la source à environ 45 300 francs dans le canton de Berne contre environ 22 800 francs dans le canton de Schwyz, soit plus de 22 000 francs d'écart pour un même retrait. Le barème schwytzois est progressif et démarre à 2,50 % sur les premiers 25 000 francs.
Le canton de Zurich, lui, publie son barème officiel entré en vigueur le 1er janvier 2026 : pour une personne seule, 10 425 francs sur les premiers 150 000 francs, puis 8,60 % sur la part comprise entre 150 001 et 750 000 francs. Sur un retrait de 300 000 francs, cela représente 23 325 francs, soit 7,78 % du capital. Pour une personne mariée, le même retrait donne 22 988 francs, soit 7,66 %. Les rentes, elles, sont imposées à 7 %, l'impôt étant abandonné en dessous de 1 000 francs par an.
7. Conditions et minima de retrait
Le capital est bloqué par principe. Il n'en sort que dans des cas limitativement énumérés, chacun avec ses conditions propres et, parfois, ses montants minimaux.
Le retrait ordinaire, lié à l'âge
Le versement peut intervenir au plus tôt cinq ans avant l'âge de référence, soit à 60 ans pour un homme dont l'âge de référence est de 65 ans. Il doit en principe avoir lieu à l'âge de référence.
Depuis la réforme AVS 21, l'âge de référence des femmes est relevé de trois mois par année de naissance : 64 ans et 3 mois pour les femmes nées en 1961, 64 ans et 6 mois pour celles nées en 1962 — qui atteignent cet âge en 2026 —, 64 ans et 9 mois pour 1963, et 65 ans à partir de 1964.
Le report au-delà de l'âge de référence, jusqu'à cinq ans, donc jusqu'à 70 ans, n'est possible qu'en cas de poursuite d'une activité lucrative. Une disposition transitoire assouplit la règle : les personnes qui atteignent l'âge de référence entre 2024 et 2029 sans exercer d'activité peuvent ajourner le versement jusqu'au 31 décembre 2029 au plus tard.
Le versement anticipé pour la propriété du logement
C'est le seul cas assorti d'un montant minimum : 20 000 francs. Le retrait n'est possible qu'une fois tous les cinq ans, et au plus tard trois ans avant l'âge de référence. Il exige le consentement écrit du conjoint ou du partenaire enregistré, avec légalisation officielle ou notariale de la signature. Jusqu'à 50 ans, la totalité de l'avoir peut être mobilisée ; au-delà, seule une partie peut l'être. Le bien doit être destiné à l'usage propre du titulaire. L'alternative au retrait est le nantissement, qui laisse le capital en place et sert de garantie hypothécaire.
Le passage à une activité indépendante
La totalité de l'avoir peut être versée en espèces à qui s'établit à son compte et n'est plus soumis à la prévoyance professionnelle obligatoire. La demande doit intervenir dans l'année qui suit le début de l'activité, avec la preuve de l'affiliation à une caisse de compensation en qualité d'indépendant.
Le départ définitif de Suisse
C'est le motif de retrait anticipé le plus courant chez les frontaliers et les expatriés, et la règle diffère selon la destination.
- Départ hors de l'Union européenne et de l'AELE : la totalité de l'avoir peut être versée en espèces, part obligatoire comprise.
- Départ vers un pays de l'Union européenne ou de l'AELE : seule la part surobligatoire est immédiatement disponible. La part obligatoire reste bloquée sur un compte de libre passage en Suisse jusqu'à cinq ans avant l'âge de référence, sauf si vous démontrez que vous ne serez pas soumis à l'assurance obligatoire du régime de sécurité sociale de votre nouveau pays de résidence.
Dans les deux cas, il faut prouver le départ effectif : radiation du registre communal et établissement réel à l'étranger.
Les autres cas
- Invalidité totale reconnue par l'assurance invalidité.
- Montant minime, lorsque l'avoir est inférieur au montant d'une cotisation annuelle.
- Décès : le capital revient aux bénéficiaires selon l'ordre légal.
8. Fiscalité du retrait et récupération de l'impôt
Le capital de libre passage est imposé séparément du reste du revenu, à un barème réduit. Il n'entre jamais dans le revenu ordinaire de l'année, ce qui évite un effet de progressivité brutal.
Pour une personne domiciliée en Suisse, l'impôt est celui du canton et de la commune de domicile au moment du versement. Pour une personne domiciliée à l'étranger, c'est l'impôt à la source du canton du siège de la fondation, comme détaillé à la section 6.
Cet impôt suisse n'est pas nécessairement définitif. Lorsque la convention de double imposition conclue entre la Suisse et votre pays de résidence attribue à ce dernier le droit d'imposer la prestation en capital, l'impôt à la source suisse peut être remboursé dans un délai de trois ans. La demande se dépose auprès de l'administration fiscale du canton qui a prélevé, accompagnée d'une attestation de l'autorité fiscale de votre pays de résidence confirmant que le capital y a été déclaré et imposé.
Sur les aspects français de cette question, notre guide sur le rapatriement du 2e pilier pour un projet immobilier à l'étranger détaille le traitement des prélèvements sociaux. Pour la mécanique générale du retrait en capital, voir comprendre son 2e pilier et simuler son retrait.
9. Le coût que le tableau ne montre pas : le change
Toutes les lignes ci-dessus sont libellées en francs suisses. Mais un frontalier qui retire son libre passage à 60 ans, ou un expatrié qui quitte définitivement la Suisse, ne dépense pas en francs : il dépense en euros, en livres ou dans la devise de son pays. Entre le capital brut et l'argent réellement disponible, il y a une conversion — et elle n'apparaît sur aucun tableau comparatif de fondations.
L'ordre de grandeur est simple à poser. Sur un retrait de 300 000 CHF, une marge de change bancaire de 2 % représente 6 000 francs. C'est plus que dix ans d'intérêts sur le meilleur compte bancaire de libre passage du marché, et c'est prélevé en une seule opération, souvent sans que le montant soit affiché séparément.
| Capital converti | Coût à 2 % de marge | Coût avec ibani | Différence |
|---|---|---|---|
| 300 000 CHF | 6 000 CHF | 450 CHF | 5 550 CHF |
| 500 000 CHF | 10 000 CHF | 750 CHF | 9 250 CHF |
La grille ibani est dégressive : 0,40 % jusqu'à 10 000 CHF, puis 0,35 % de 10 000 à 50 000 CHF, et jusqu'à 0,15 % au-delà de 250 000 CHF — c'est ce dernier palier qui s'applique aux montants du tableau. Aucun frais d'ouverture, de tenue de compte ni de virement SEPA ne s'y ajoute.
Compte avec IBAN suisse nominatif ouvert à distance, 12 devises, virements SEPA sans frais et marge de change transparente de 0,40 % à 0,15 % selon le montant. ibani est un intermédiaire financier suisse établi à Genève depuis 2018, pas une banque : l'objectif est de faire le pont entre un capital libellé en francs et des dépenses dans une autre devise, sans marge cachée.
Ouvrir un compte ibani →Sur le choix du moment de la conversion, qui pèse souvent plus lourd que la marge elle-même sur un montant de cette taille, nos prévisions de change CHF/EUR donnent le cadre, et le convertisseur CHF/EUR en temps réel le montant exact reçu.
10. Les cinq erreurs qui coûtent le plus cher
- Ne rien décider. C'est l'erreur la plus fréquente et la plus mécanique : passé le délai, l'avoir part à l'institution supplétive et rapporte 0,05 % par an. Sur dix ans et 150 000 francs, cette inertie coûte environ 19 000 francs par rapport à une caisse de pension, et davantage encore face à une solution investie.
- Oublier de transférer à la nouvelle caisse. Retrouver un emploi ne fait pas revenir l'argent tout seul. Tant que le transfert n'est pas demandé, l'avoir reste sans couverture décès et invalidité, et aucun rachat déductible n'est possible.
- Choisir sa fondation sans regarder le canton de son siège. Pour qui vit ou vivra à l'étranger, ce seul paramètre pèse plus lourd que dix ans d'écart de rendement.
- Tout mettre sur un seul compte. La loi en autorise deux. Y renoncer, c'est renoncer à étaler le retrait sur deux années fiscales, et donc payer la progressivité pleine.
- Retirer avant d'avoir vérifié le traitement fiscal dans son pays de résidence. Le remboursement de l'impôt à la source suisse dépend de la convention applicable et suppose une déclaration dans le pays de résidence. La décision de retrait n'est pas réversible.
Pour resituer le libre passage dans l'ensemble du dispositif de prévoyance, notre guide retraite et piliers du frontalier regroupe le silo complet, et le guide 2e pilier suisse (LPP) détaille le fonctionnement de la caisse de pension elle-même.
Sources institutionnelles : OFAS, prévoyance professionnelle · Fondation institution supplétive LPP, comptes sans contact · Fondation institution supplétive LPP, taux d'intérêt · Canton de Zurich, ZStB 99.1, imposition à la source des prestations de prévoyance (en vigueur au 1er janvier 2026) · Canton de Schwyz, administration fiscale, impôt à la source · OFAS, réforme AVS 21 · OFAS, encouragement à la propriété du logement · ch.ch, le 2e pilier · Centrale du 2e pilier, recherche d'avoirs oubliés · finpension, fondation de libre passage · VIAC, FAQ libre passage · Liberty, fondation de libre passage · Fondation Lemania de libre passage
Questions Fréquentes
Peut-on verser de l'argent sur un compte de libre passage ?
Non, et c'est la principale confusion avec le pilier 3a. Un compte de libre passage n'accepte aucun versement volontaire et n'ouvre droit à aucune déduction fiscale. Seuls peuvent y entrer la prestation de sortie versée par une caisse de pension, le transfert d'un autre compte ou d'une police de libre passage, le remboursement d'un versement anticipé effectué pour la propriété du logement, la part attribuée lors d'un partage de la prévoyance en cas de divorce, ainsi que les intérêts ou la performance des placements. Un rachat, lui, ne se fait jamais sur un compte de libre passage : il suppose d'être affilié à une caisse de pension, et donc d'y avoir d'abord transféré son avoir. C'est aussi pour cela qu'un compte de libre passage ne comporte, sauf police d'assurance, aucune couverture en cas de décès ou d'invalidité.
Combien de comptes de libre passage peut-on avoir en Suisse ?
Deux au maximum. L'ordonnance sur le libre passage autorise à répartir la prestation de sortie entre deux institutions au plus, et pas davantage. Il n'existe en revanche aucun plafond de montant : contrairement au pilier 3a, limité en 2026 à 7 258 francs pour une personne affiliée à une caisse de pension et à 36 288 francs pour une personne qui ne l'est pas, un compte de libre passage peut accueillir n'importe quelle somme. Cette limite de deux institutions n'est pas seulement une contrainte, c'est un outil : deux comptes permettent de retirer le capital en deux fois, sur deux années civiles différentes, ce qui casse la progressivité de l'impôt sur les prestations en capital. La répartition doit être décidée au moment du transfert, pas après.
Quel est le taux d'intérêt d'un compte de libre passage en 2026 ?
Très bas, et il faut cesser de le comparer au taux minimal LPP. Le taux d'intérêt minimal de 1,25 % fixé par le Conseil fédéral pour 2026 s'applique à la part obligatoire de l'avoir logé dans une caisse de pension, jamais à un compte de libre passage, dont la rémunération est entièrement libre. La Fondation institution supplétive LPP, où atterrissent les avoirs dont personne ne s'occupe, rémunère les comptes de libre passage à 0,05 % depuis le 1er janvier 2026, contre 0,40 % un an plus tôt. Sur le marché bancaire, la moyenne s'établit à 0,082 % au 1er janvier 2026 et le meilleur taux relevé à 0,50 %. C'est cet écart qui explique le succès des fondations investies en titres, où la performance dépend des marchés et non d'un taux servi.
À quel âge peut-on retirer son compte de libre passage ?
Au plus tôt cinq ans avant l'âge de référence, soit 60 ans pour un homme dont l'âge de référence est fixé à 65 ans. L'âge de référence des femmes est relevé par étapes de trois mois par année de naissance depuis la réforme AVS 21 : il s'établit à 64 ans et 6 mois pour les femmes nées en 1962, qui atteignent cet âge en 2026, et atteindra 65 ans pour celles nées en 1964. Le versement doit en principe intervenir à l'âge de référence. Il ne peut être différé jusqu'à cinq ans au-delà, donc jusqu'à 70 ans, qu'en cas de poursuite d'une activité lucrative. Une disposition transitoire adoucit la règle pour les personnes qui atteignent l'âge de référence entre 2024 et 2029 sans exercer d'activité : elles peuvent ajourner le versement jusqu'au 31 décembre 2029 au plus tard. En dehors de la retraite, un retrait anticipé reste possible pour l'achat d'un logement, le passage à une activité indépendante, le départ définitif de Suisse, l'invalidité totale ou un montant minime.
Quel canton choisir pour payer moins d'impôt au retrait de son libre passage ?
Pour une personne domiciliée à l'étranger au moment du retrait, ce n'est pas son domicile ni son ancien lieu de travail qui détermine l'impôt, mais le canton où la fondation de libre passage a son siège. Ce paramètre se choisit à l'ouverture du compte et il est déterminant : sur un capital de 500 000 francs, un exemple documenté chiffre l'impôt à la source à environ 45 300 francs dans le canton de Berne contre environ 22 800 francs dans le canton de Schwyz. Schwyz, Zoug, Nidwald et Appenzell figurent parmi les cantons les plus favorables, avec pour Schwyz un barème progressif partant de 2,50 % sur les premiers 25 000 francs. Le canton de Zurich publie de son côté un barème entré en vigueur le 1er janvier 2026, qui prévoit pour une personne seule 10 425 francs sur les premiers 150 000 francs, puis 8,60 % sur la part supérieure. Les fondations n'ont pas toutes le même siège : finpension et Liberty sont à Schwyz, la fondation de libre passage de la Banque WIR utilisée par VIAC est à Bâle, la Fondation Lemania est à Genève.
Que devient le 2e pilier si on quitte la Suisse pour un pays de l'Union européenne ?
Seule la part surobligatoire peut être versée en espèces. La part obligatoire reste bloquée sur un compte de libre passage en Suisse jusqu'à cinq ans avant l'âge de référence, sauf si la personne démontre qu'elle ne sera pas soumise à l'assurance obligatoire du régime de sécurité sociale de son nouveau pays de résidence. Le départ vers un pays situé hors de l'Union européenne et de l'AELE permet en revanche de retirer la totalité, part obligatoire comprise. Dans tous les cas, le versement est soumis à l'impôt à la source suisse, prélevé selon le barème du canton où siège la fondation. Cet impôt peut être remboursé, dans un délai de trois ans, lorsque la convention de double imposition attribue le droit d'imposer la prestation en capital à l'État de résidence : la demande se dépose auprès de l'administration fiscale du canton concerné, avec une attestation d'imposition du pays de résidence.
