Créer une entreprise en Suisse, transfert de capital et TVA

Créer une entreprise en Suisse : Sàrl, SA ou Indépendant

Vous souhaitez lancer votre activité en Suisse ? Découvrez les règles de domiciliation, l'optimisation du transfert de votre capital social, et les obligations de facturation (TVA et AVS) pour les petits chiffres d'affaires.

Clock icon Lecture : 10 minutes | Mise à jour : Mars 2026

Par Brice DELHOME

L'essentiel pour les créateurs d'entreprise

La Suisse offre un cadre économique extrêmement attractif, mais répond à des règles strictes. Si vous créez une Sàrl ou une SA, vous devez nommer un représentant domicilié en Suisse et bloquer un capital sur un compte de consignation. Si vous souhaitez "tester" votre activité sans structure juridique, vous pouvez facturer en nom propre, mais vous devrez impérativement faire valider votre statut d'indépendant par la Caisse de compensation AVS. Enfin, si votre chiffre d'affaires reste modeste (en dessous de 100 000 CHF), vous bénéficiez de l'exemption de TVA.

Table des matières

  1. L'alternative : Facturer en nom propre et l'assujettissement AVS
  2. Sàrl et SA : Règles pour les associés non-résidents
  3. Le transfert du capital et le compte de consignation
  4. Facturation et TVA : Les règles pour les PME et indépendants

1. L'alternative : Facturer en nom propre (Indépendant) et l'assujettissement AVS

Beaucoup d'entrepreneurs se demandent s'il est absolument obligatoire de fonder une société de capitaux (Sàrl ou SA) pour commencer à émettre des factures. La réponse est non. Vous pouvez opérer en tant que Raison individuelle (le statut de travailleur indépendant).

Le seuil d'inscription au Registre du Commerce (RC)

L'un des avantages de la Suisse réside dans sa flexibilité administrative initiale. Si vous exercez une activité commerciale en votre nom propre et que votre chiffre d'affaires annuel brut est inférieur à 100 000 CHF, l'inscription au Registre du Commerce (RC) n'est pas obligatoire (bien qu'elle soit recommandée pour rassurer vos clients professionnels).

Le vrai juge de paix : La Caisse de compensation AVS

C'est ici que de nombreux créateurs (surtout étrangers) font une erreur lourde de conséquences. En Suisse, vous ne pouvez pas simplement décider d'émettre des factures au hasard. Pour que vos revenus soient légaux et non considérés comme du travail au noir, vous devez faire reconnaître votre statut d'indépendant par la Caisse de compensation AVS (Assurance-vieillesse et survivants) de votre canton.

Contrairement à la France avec le statut d'auto-entrepreneur, le statut d'indépendant suisse n'est pas un choix libre, c'est une reconnaissance a posteriori. La Caisse AVS va analyser votre situation économique réelle. Pour être reconnu indépendant, vous devez prouver que :

  • Vous agissez en votre propre nom et pour votre propre compte.
  • Vous assumez le risque économique de l'entreprise (investissements, matériel).
  • Vous avez plusieurs clients distincts (pour éviter le salariat déguisé).

Une fois reconnu, vous devrez payer vos cotisations sociales AVS (environ 10 pour cent de votre bénéfice net) directement à la caisse.

Et pour les non-résidents ? Un frontalier peut tout à fait être indépendant en Suisse en nom propre. Il lui faudra prouver l'existence d'un local ou d'une adresse professionnelle en Suisse, s'affilier à l'AVS, et demander un permis G (frontalier) spécifique avec statut d'indépendant.

2. Sàrl et SA : Règles légales pour les associés (Résidents vs Non-résidents)

Si vous souhaitez protéger votre patrimoine personnel ou accueillir des investisseurs, la création d'une Société à Responsabilité Limitée (Sàrl) ou d'une Société Anonyme (SA) est indispensable.

L'un des plus grands atouts de la Suisse est son ouverture aux capitaux internationaux. Il n'est absolument pas nécessaire d'être de nationalité suisse, ni même de résider en Suisse, pour détenir les parts d'une entreprise helvétique. Un citoyen français résidant en Haute-Savoie, ou un citoyen italien résidant à Milan, peut tout à fait détenir la totalité du capital social.

L'obligation de représentation (La Gérance)

Cependant, le Code des obligations suisse (CO) impose une règle stricte concernant la direction opérationnelle de l'entreprise :

  • Pour une Sàrl : Au moins l'un des gérants ayant la signature individuelle (ou deux gérants ayant la signature collective à deux) doit être domicilié en Suisse.
  • Pour une SA : Au moins l'un des membres du Conseil d'Administration ayant le droit de représenter la société doit être domicilié en Suisse.

La solution pour les fondateurs étrangers : Si vous ne résidez pas en Suisse, vous devrez recourir aux services d'un "gérant fiduciaire" ou "administrateur fiduciaire". Il s'agit d'un résident suisse mandaté pour vous représenter légalement moyennant des honoraires annuels.

3. Transférer le capital : Le piège du compte de consignation

Pour immatriculer votre société au Registre du Commerce, vous devez prouver que le capital social a bien été versé. Le montant minimum légal est de 20 000 CHF pour une Sàrl (entièrement libérés), et de 100 000 CHF pour une SA (dont au moins 50 000 CHF libérés à la constitution).

Vous ne pouvez pas verser cet argent directement à un notaire. Vous devez ouvrir un "compte de consignation" (ou compte de versement de capital) auprès d'une banque suisse. Ce compte est un coffre-fort temporaire. Une fois les fonds reçus, la banque délivre une "attestation de consignation", document indispensable au notaire pour fonder la société.

Le piège bancaire du transfert depuis l'étranger

Si vous êtes un entrepreneur non-résident, votre capital de départ se trouve probablement en Euros sur votre compte personnel en France ou en Italie. Faire un virement international direct de 20 000 Euros vers le compte de consignation suisse est une erreur coûteuse.

Pourquoi ? La banque suisse va réceptionner des Euros et les convertir de force en Francs Suisses en appliquant son propre taux de change assorti d'une marge cachée (spread) souvent comprise entre 1,5 pour cent et 2 pour cent. Sur un capital de SA (50 000 CHF), vous pouvez perdre jusqu'à 1 000 euros en frais invisibles avant même le premier jour d'activité.

La méthode optimisée (Le réflexe ibani)

Pour conserver l'intégralité de votre capital d'amorçage, vous devez convertir vos Euros en Francs Suisses au taux de marché réel avant que les fonds n'arrivent sur le compte de consignation.

  • Ouvrez un compte ibani : Nous vous fournissons un IBAN suisse nominatif.
  • Versez vos Euros sur ibani : Nous convertissons vos fonds au taux interbancaire en appliquant une marge transparente (dès 0.40 pour cent).
  • Versez les CHF exacts : Transférez le montant précis en CHF vers le compte de consignation de votre future société. Le notaire reçoit l'attestation, et vous n'avez pas enrichi la banque sur le taux de change.

4. Facturation et TVA : Les règles pour les jeunes PME

Une fois votre statut d'indépendant validé par l'AVS ou votre société inscrite au RC, vous allez émettre vos premières factures. En Suisse, la législation sur la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) est particulièrement favorable aux structures en démarrage.

Le seuil d'assujettissement obligatoire

Une entreprise suisse (Sàrl, SA, ou Raison individuelle) n'est pas obligatoirement assujettie à la TVA suisse si son chiffre d'affaires mondial provenant de prestations imposables est inférieur à 100 000 CHF par an.

Comment facturer vos clients sous ce seuil ?

Si vous n'atteignez pas ce palier et n'avez pas demandé d'assujettissement volontaire :

  1. Vos factures (pour les particuliers ou les entreprises) doivent être émises en montant Net (sans ajouter de TVA).
  2. Vous avez l'obligation légale d'ajouter sur toutes vos factures la mention suivante pour des raisons de transparence : "Non assujetti à la TVA" (ou "TVA non due").
  3. En contrepartie, vous ne pourrez pas déduire (récupérer) la TVA sur les achats de votre entreprise (ordinateur, mobilier, services).

L'assujettissement volontaire : un choix stratégique

Même si votre chiffre d'affaires est très faible la première année, il est parfois stratégique de s'inscrire volontairement à la TVA dès la création. C'est particulièrement vrai si vous réalisez d'importants investissements de départ (achat de machines, stock) car cela vous permettra de récupérer la TVA payée sur ces achats (impôt préalable). Parlez-en à votre expert-comptable !

En résumé pour lancer votre entreprise

Lancer une activité en Suisse demande de la préparation. Assurez-vous de :

  1. Valider votre statut (Indépendant via l'AVS, ou création de Sàrl/SA via le RC).
  2. Trouver un gérant ou administrateur domicilié en Suisse si vous fondez une société et résidez à l'étranger.
  3. Optimiser le transfert de votre capital social en passant par un spécialiste des devises comme ibani pour éviter de perdre votre capital en frais bancaires.
  4. Appliquer correctement l'exemption de TVA (sous 100 000 CHF) sur vos factures de démarrage.

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Foire aux questions (Création d'entreprise)

Oui, en tant que Raison Individuelle (indépendant). Si votre chiffre d'affaires est inférieur à 100 000 CHF, l'inscription au Registre du Commerce n'est pas obligatoire. Toutefois, vous devez impérativement vous annoncer à la Caisse de compensation AVS pour faire valider votre statut d'indépendant et payer vos cotisations sociales.

Oui, il est tout à fait possible de détenir l'intégralité des parts d'une société suisse en vivant à l'étranger. Cependant, la loi exige qu'au moins un gérant (pour une Sàrl) ou un administrateur (pour une SA) ayant la signature individuelle soit domicilié en Suisse.

Vous devez verser les fonds sur un compte de consignation en Suisse. Pour éviter que la banque ne prélève une lourde marge de change en convertissant vos devises, il est conseillé de les convertir via un spécialiste comme ibani, puis de virer le montant exact en francs suisses à la banque.

Si le chiffre d'affaires de votre entreprise est inférieur à 100 000 CHF par an, vous n'êtes pas assujetti obligatoirement à la TVA. Vos factures doivent être émises sans TVA, en ajoutant la mention : "Non assujetti à la TVA". L'assujettissement volontaire reste possible.

Prêt à immatriculer votre société ?

Les experts d'ibani accompagnent les fondateurs, les PME et les fiduciaires pour optimiser leurs transferts de capital et leurs flux de trésorerie quotidiens.

Notre équipe B2B, basée à Genève, est à votre disposition par email ou par téléphone du lundi au vendredi.

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