1. Quelle est la différence entre les permis B, C, G et L ?
Bien qu'elle ait signé l'Accord sur la libre circulation des personnes (ALCP), la Suisse ne fait pas partie de l'Union européenne et gère sa propre politique migratoire. Pour les ressortissants de l'UE/AELE, quatre autorisations couvrent l'immense majorité des situations. Le bon choix dépend de votre lieu de résidence et de la durée de votre projet.
| Permis | Statut | Cible principale | Validité initiale | Qui entame la demande ? |
|---|---|---|---|---|
| Permis G | Frontalier | Travailleurs résidant hors de Suisse (ex. France) | 5 ans (si CDI ou CDD supérieur à 1 an) | L'employeur (le plus souvent) ou l'indépendant |
| Permis B | Résident | Nouveaux arrivants s'installant en Suisse | 5 ans (renouvelable) | L'employé (à son arrivée dans la commune) |
| Permis C | Établissement | Résidents de longue durée | Indéterminée (contrôle tous les 5 ans) | Le résident (après 5 à 10 ans de permis B) |
| Permis L | Courte durée | Stagiaires, CDD courts, chercheurs d'emploi | Moins de 12 mois | L'employeur ou le chercheur d'emploi |
Pour résumer en une phrase : le permis G sépare le lieu de travail (Suisse) du lieu de vie (France, Allemagne, Italie), tandis que les permis B, C et L supposent une résidence sur le sol suisse. Les sections suivantes détaillent chaque statut. Pour le seul permis frontalier, consultez notre guide complet du permis G.
2. Qu'est-ce que le permis G et qui peut l'obtenir ?
Le permis G est destiné aux ressortissants de l'UE/AELE qui travaillent en Suisse mais conservent leur résidence principale à l'étranger. C'est le statut de référence des centaines de milliers de frontaliers de Haute-Savoie, de l'Ain, du Pays de Gex ou de Valserhône qui rejoignent chaque jour Genève ou Lausanne.
- La condition de retour : le frontalier doit regagner son domicile principal à l'étranger au moins un jour par semaine.
- Qui fait la demande ? Dans la majorité des cantons, dont Genève, c'est l'employeur suisse qui dépose la demande de permis G auprès de l'office cantonal de la population et des migrations (OCPM) avant la prise de poste.
- Documents à fournir : une copie de la pièce d'identité, une photo format passeport, une attestation de résidence (facture ou certificat de domicile) et une copie du contrat de travail.
Salarié : un cadre marketing résidant à Valserhône est embauché à Genève. Son employeur genevois s'occupe du permis G ; le salarié fait les trajets via le Léman Express et perçoit son salaire en francs suisses. En convertissant ce salaire au taux de marché réel (par exemple 0,92 EUR pour 1 CHF) vers son compte français, il évite les marges invisibles des banques classiques.
Indépendant : un entrepreneur qui exerce une activité commerciale en Suisse tout en gérant une brasserie artisanale côté français peut demander lui-même un permis G indépendant, en prouvant l'existence de son activité (inscription au registre du commerce suisse, business plan, etc.).
Le permis G survit à la perte d'emploi : en cas de licenciement, le frontalier UE/AELE est indemnisé par son pays de résidence et conserve son permis le temps de retrouver un poste. Pour les détails, voyez notre guide sur le chômage et le licenciement du frontalier. Le cadre légal officiel est détaillé par le Secrétariat d'État aux migrations (permis G UE/AELE).
3. Comment obtenir un permis B pour s'installer en Suisse ?
Le permis B est l'autorisation de séjour des personnes qui s'établissent physiquement en Suisse pour y travailler ou y vivre. Pour un ressortissant UE/AELE titulaire d'un contrat, il est valable 5 ans et renouvelable.
- Qui fait la demande ? C'est l'employé qui doit s'annoncer au contrôle des habitants de sa nouvelle commune suisse dans les 14 jours suivant son arrivée, et impérativement avant son premier jour de travail.
- Documents requis : le contrat de travail (CDI ou CDD supérieur à 1 an), une pièce d'identité valable, le bail à loyer suisse, et une attestation d'assurance maladie (LAMal) à fournir dans un délai de 3 mois.
- Mobilité : pour les ressortissants UE/AELE, le permis B permet de changer librement d'employeur ou de canton de résidence.
Le titulaire d'un permis B peut faire venir son conjoint et ses enfants mineurs. Le conjoint reçoit une autorisation de séjour équivalente qui inclut automatiquement le droit de travailler, sans que l'employeur n'ait à prouver l'absence de candidat sur le marché local.
Si vous préparez votre arrivée, notre checklist administrative pour s'installer en Suisse détaille l'ordre des démarches (commune, LAMal, bail, banque). Les étudiants relèvent d'un régime spécifique décrit dans le guide du permis de séjour étudiant (B et L). Le cadre officiel figure sur la page du SEM consacrée au permis B UE/AELE.
4. Comment passer du permis B au permis C d'établissement ?
Le permis C est le statut le plus protecteur. Il confère des droits presque identiques à ceux des citoyens suisses, à l'exception du droit de vote et d'éligibilité au niveau fédéral.
- Qui fait la demande ? Le résident lui-même, auprès de son autorité cantonale de migration.
- Conditions : il est généralement accordé après 5 ans de résidence ininterrompue pour les ressortissants de l'UE des 15 et de l'AELE, ou après 10 ans pour les autres nationalités. Il faut prouver une bonne intégration (la maîtrise de la langue locale est souvent exigée), une situation financière saine sans dettes ni poursuites, et un casier judiciaire vierge.
- Impact fiscal : une fois le permis C obtenu, l'assujettissement à l'impôt à la source prend fin dans la plupart des cantons. Le résident remplit alors une déclaration fiscale ordinaire, comme un citoyen suisse.
Un cadre vaudois imposé à la source voit, avec le permis C, son employeur cesser de prélever l'impôt sur son salaire. Sur un revenu de 8 000 CHF par mois, ce ne sont pas des centaines de francs économisés mais un changement de logique : c'est désormais à vous de provisionner l'impôt et de remplir une déclaration. Anticiper ce basculement évite la mauvaise surprise d'une facture fiscale annuelle non budgétée.
Le détail des conditions d'établissement est publié par le SEM (autorisation d'établissement C).
5. À quoi sert le permis L de courte durée ?
Le permis L couvre les séjours courts et les missions temporaires de moins de 12 mois : stages, CDD courts, ou recherche d'emploi.
- Qui fait la demande ? L'employeur, pour un CDD court, ou le candidat lui-même, s'il vient en Suisse pour chercher un emploi.
- Recherche d'emploi : un ressortissant UE/AELE peut venir chercher du travail en Suisse pendant 3 mois sans permis. Au-delà, il doit s'inscrire auprès de la commune pour obtenir un permis L de recherche d'emploi, valable 3 mois et prolongeable jusqu'à un an s'il prouve disposer des moyens financiers nécessaires pour subvenir à ses besoins.
Pour une mission de moins de 3 mois (maximum 90 jours par année civile), aucun permis L n'est requis : l'employeur suisse effectue une simple procédure d'annonce en ligne, au plus tard la veille du premier jour de travail.
Les conditions officielles du permis de courte durée figurent sur la page du SEM (permis L UE/AELE). Pour une vue d'ensemble de tous les statuts, le portail ch.ch sur les autorisations de séjour fait référence.
6. Comment gérer son salaire suisse selon son permis ?
Quel que soit votre permis, une question revient dès le premier salaire en francs suisses : comment le percevoir et, pour les frontaliers, comment le rapatrier en euros sans perdre de pouvoir d'achat ?
Beaucoup de nouveaux arrivants utilisent leur banque traditionnelle suisse pour convertir et transférer leur salaire vers la zone euro. Les banques appliquent alors une marge de change cachée, souvent entre 1,5 pourcent et 2 pourcents, sur chaque virement. Sur un salaire de 6 000 CHF rapatrié chaque mois, une marge de 2 pourcents représente environ 120 CHF perdus par mois, soit près de 1 440 CHF par an — l'équivalent d'un treizième mois envolé. Les détenteurs d'un permis G subissent en plus des frais de tenue de compte pour non-résidents, de 10 à 30 CHF par mois.
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