Courbe du dollar qui décroche sous un socle de franc suisse frappé de la croix fédérale, mascotte ibani

Prévisions USD/CHF : le dollar casse le seuil des 0,80 franc (Août 2026)

Clock icon Lecture : 11 minutes | Mise à jour : 20 Août 2026

Par Brice DELHOME

📌 En Bref : USD/CHF au 20 août 2026
  • Taux actuel : le dollar vaut 0,7959 franc. La paire a perdu près de 2 % sur la seule séance du 19 août, d'un plus haut intraday à 0,8128 à une clôture à 0,7979. Le corridor se déplace vers 0,7900 – 0,8150.
  • Le fait nouveau : le 19 août, le Trésor américain a annoncé qu'il doublait ses rachats de dette longue, de 2 à au moins 4 milliards de dollars par opération, du 9 septembre au 4 novembre. Le rendement du 30 ans est retombé à 5,196 % après un plus haut de dix-neuf ans à 5,33 % la veille.
  • Ce que ça change : le dollar perd son principal moteur. Ce n'était pas la croissance américaine qui le portait depuis le printemps, c'était l'écart de rendement. Quand Washington décide lui-même de comprimer ce rendement, la devise suit.
  • Pour un revenu en dollars : 5'000 dollars valent aujourd'hui environ 3'980 francs, contre 4'403 francs à la moyenne 2024 — soit 424 francs de moins par mois, sans qu'aucun contrat n'ait changé.
  • Pour un acheteur de dollars : l'inverse est vrai. 10'000 francs achètent aujourd'hui environ 12'564 dollars, contre 11'356 à la moyenne 2024. Convertir par tranches régulières reste la seule méthode qui ne repose sur aucun pari.

Le franc suisse vient de reprendre en une séance ce que le dollar avait mis trois semaines à gagner. Ce guide décompose le mouvement du 19 août 2026, ses causes réelles — qui n'ont rien à voir avec la géopolitique — et ce qu'il coûte, en francs, à ceux qui perçoivent ou paient en dollars depuis la Suisse.

Flash Marché : Situation au 20 Août 2026

Le mouvement est venu de Washington, pas de Berne. La paire USD/CHF s'établit autour de 0,7959 au 20 août 2026, après une séance du 19 août qui a vu le dollar céder près de 2 % face au franc, d'un plus haut intraday à 0,8128 à une clôture à 0,7979. Le déclencheur est une annonce budgétaire, pas monétaire : le Trésor américain a doublé la taille de ses opérations de rachat de dette longue, provoquant un repli immédiat des rendements obligataires et, dans leur sillage, du billet vert. La paire a cassé le seuil rond des 0,8000, franchi sa moyenne mobile à 50 jours (0,8084) et vient tester sa moyenne mobile à 100 jours, à 0,7975.

Sur la durée, ce mouvement n'est pas une anomalie mais une reprise de tendance. Le dollar avait touché son plus bas de l'année à 0,7604 fin janvier 2026, avant de remonter jusqu'à un sommet estival au-dessus de 0,8200 fin juillet, porté par la hausse des rendements américains et par la perspective d'un resserrement supplémentaire de la Réserve fédérale. Ce qui vient de se produire, c'est la remise en cause de ce moteur unique. Vous pouvez suivre l'évolution en direct sur notre convertisseur CHF/USD en temps réel, et comparer avec la trajectoire de la paire européenne dans notre analyse des prévisions de change EUR/CHF, qui raconte une histoire exactement inverse.

📌 Point de départ de notre suivi USD/CHF. C'est la première édition de cette analyse : nous posons donc explicitement les repères qui serviront à la juger. Notre corridor de travail pour les six prochaines semaines est 0,7900 – 0,8150, avec un scénario central d'érosion lente du dollar et une hypothèse de Réserve fédérale immobile le 16 septembre. Les deux invalidations sont claires : une clôture nette au-dessus de 0,8150 ou en dessous de 0,7900. La prochaine édition dira si nous avions raison, et à quel endroit nous nous sommes trompés.

Pourquoi le dollar recule-t-il face au franc suisse ?

Parce que son unique moteur de 2026 — l'écart de rendement — vient d'être désactivé par le Trésor américain lui-même. Quatre forces se combinent aujourd'hui sur la paire, et trois d'entre elles jouent contre le dollar.

1. Que fait la Réserve fédérale, et pourquoi est-elle bloquée ?

La Réserve fédérale est prise entre une inflation qui refuse de rejoindre sa cible et une économie qui montre ses premières fissures. Le 29 juillet 2026, le Comité de politique monétaire a maintenu son taux directeur dans la fourchette de 3,50 % à 3,75 %, mais par un vote serré de 9 voix contre 3 : Beth M. Hammack, Neel Kashkari et Lorie K. Logan souhaitaient au contraire relever le taux d'un quart de point. Le communiqué reconnaît que « l'inflation reste élevée par rapport à l'objectif de 2 % du Comité, reflétant en partie des chocs d'offre qui ont entraîné des hausses de prix dans certains secteurs, dont l'énergie ».

Les chiffres publiés depuis ont déplacé le curseur du côté de la prudence. L'indice des prix à la consommation américain n'a progressé que de 0,1 % en juillet, ramenant l'inflation annuelle à 3,4 %, contre 3,5 % en juin ; l'inflation sous-jacente est retombée à 2,5 % sur un an. Surtout, l'économie réelle a déçu : les ventes au détail ont reculé en juillet pour la première fois en neuf mois et le marché du travail a enregistré des destructions d'emplois inattendues. Résultat, la probabilité d'une hausse de taux le 16 septembre implicite dans les prix de marché est tombée à environ 35 %, contre 47 % un mois plus tôt. HSBC Asset Management résume la position dominante : la Réserve fédérale « devrait rester à l'arrêt en septembre » si les données restent molles. Sources : Réserve fédérale, communiqué du 29 juillet 2026 ; Bureau of Labor Statistics, indice des prix à la consommation de juillet publié le 12 août 2026.

2. Pourquoi les rachats d'obligations du Trésor ont-ils fait plonger le dollar ?

C'est l'événement du mois, et il n'est pas venu de la banque centrale. Le 19 août 2026, le Trésor américain a annoncé qu'il portait la taille maximale de ses opérations de rachat de liquidité sur la dette longue de 2 à au moins 4 milliards de dollars par opération, sur les segments 10-20 ans et 20-30 ans, du 9 septembre au 4 novembre 2026. Objectif affiché : calmer un marché obligataire devenu désordonné.

L'effet a été immédiat. Le rendement du bon du Trésor à 30 ans a cédé près de 9 points de base, à 5,196 %, après avoir touché la veille un plus haut de dix-neuf ans à 5,33 % ; le 10 ans est revenu à 4,647 %. Et comme c'est précisément la remontée de ces rendements longs qui attirait les capitaux vers le dollar depuis le printemps, la devise a suivi le mouvement inverse : l'indice dollar de Bloomberg a perdu jusqu'à 0,8 %, au plus bas depuis le 12 mai, et le dollar a reculé face à l'ensemble de ses grandes contreparties. L'indice DXY, plus classique, évoluait déjà autour de 99,3 à 99,6, son plus bas niveau depuis juin. Source : Département du Trésor des États-Unis, communiqué du 19 août 2026.

Le mécanisme à retenir : une devise se paie d'abord par son rendement. Quand un État rachète sa propre dette longue, il fait monter le prix des obligations, donc baisser leur rendement, donc baisser l'attrait de sa monnaie pour un investisseur étranger. Le Trésor américain a soutenu son marché obligataire au prix de sa devise — un arbitrage parfaitement rationnel du point de vue de Washington, mais coûteux pour quiconque perçoit un revenu en dollars et dépense en francs.

3. Pourquoi le franc reste-t-il fort avec un taux directeur à 0,00 % ?

Parce que la Suisse n'a rien à corriger. L'inflation helvétique est retombée à 0,4 % sur un an en juillet 2026, son plus bas niveau en quatre mois, et la Banque Nationale Suisse maintient son taux directeur à 0,00 % depuis son examen du 18 juin 2026, avec des projections d'inflation de 0,6 % en 2026 et 2027. Le marché ne valorise pas de première hausse avant mars 2027, et le consensus des économistes la repousse à début 2028.

C'est là que se situe le paradoxe apparent de la paire : le franc offre 0,00 % de rendement, le dollar en offre entre 3,50 % et 3,75 %, et pourtant le franc monte. La raison est que le marché ne rémunère pas le niveau du taux, mais sa trajectoire attendue. Un dollar dont le rendement est artificiellement plafonné par des rachats de dette, dans une économie qui ralentit, vaut moins qu'une devise sans rendement mais sans risque de dégradation. À quoi s'ajoute la dimension structurelle : le franc a gagné près de 13 % face au dollar en 2025 et a prolongé cette progression en 2026 jusqu'à un plus haut de onze ans. Le contexte commercial y contribue également, l'accord conclu avec Washington ayant ramené les droits de douane américains sur les marchandises suisses de 39 % à un plafond de 15 %, ce qui a levé une menace directe sur les exportations helvétiques. Sources : Banque Nationale Suisse, examen de politique monétaire du 18 juin 2026 ; Office fédéral de la statistique, indice des prix à la consommation de juillet publié le 3 août 2026.

4. Quels niveaux techniques comptent maintenant sur l'USD/CHF ?

La rupture du 19 août a changé la carte. La paire a franchi à la baisse sa moyenne mobile à 50 jours, à 0,8084, et vient tester sa moyenne mobile à 100 jours, à 0,7975 ; l'indice de force relative journalier est tombé de 51 à 36,5, signe que les vendeurs ont pris le contrôle sans que la paire soit encore en zone de survente extrême. La lecture opérationnelle est la suivante : le seuil rond des 0,8000 devient la première résistance, suivi du plus haut du 31 mars à 0,8042 puis de celui du 13 août à 0,8147 ; en cas de poursuite de la baisse, les repères sont la moyenne mobile à 200 jours, à 0,7932, puis le seuil des 0,7900. Une cassure franche de ce dernier rouvrirait la route vers le plus bas annuel de 0,7604.

Quelles prévisions USD/CHF d'ici fin 2026 ?

Personne ne connaît le taux du 31 décembre, mais on peut cadrer les trajectoires plausibles et surtout chiffrer ce qu'elles coûtent. Le consensus des maisons d'analyse penche pour un dollar durablement sous les 0,81 franc : MUFG Research vise 0,7800 au quatrième trimestre 2026, tandis qu'UBS retient un marché sans direction, avec une estimation de fin d'année autour de 0,78 dans une fourchette de 0,77 à 0,81. Ces projections de tiers sont citées à titre de fourchette de marché, non de prédiction, et n'engagent pas ibani.

ScénarioDéclencheurZone USD/CHF5'000 USD valent
Rebond du dollarLes trois dissidents l'emportent et la Réserve fédérale relève ses taux le 16 septembre, l'inflation américaine repart au-dessus de 3,5 % sous l'effet de l'énergie, les rachats du Trésor ne suffisent pas à retenir les rendements0,8200 – 0,8400~4'100 CHF à ~4'200 CHF
Érosion lente (central)Réserve fédérale immobile en septembre, rachats du Trésor qui plafonnent les rendements longs, BNS figée à 0,00 %, demande de franc soutenue0,7800 – 0,8100~3'900 CHF à ~4'050 CHF
Décrochage du dollarConfirmation du ralentissement américain, bascule de la Réserve fédérale vers des baisses de taux, ou nouvel épisode de tension sur la dette longue mal absorbé par les rachats0,7600 – 0,7800~3'800 CHF à ~3'900 CHF

L'écart entre les deux extrêmes atteint 400 francs par mois sur un revenu de 5'000 dollars, soit près de 4'800 francs sur une année. Notez l'asymétrie des déclencheurs : le scénario haussier pour le dollar suppose une mauvaise nouvelle pour le pouvoir d'achat américain — une inflation qui repart —, tandis que les deux autres découlent d'une simple continuation de la situation actuelle. C'est ce déséquilibre qui explique pourquoi les prévisions institutionnelles se concentrent dans la moitié basse de la fourchette.

Combien vaut un revenu en dollars en Suisse aujourd'hui ?

La question concerne plus de monde qu'on ne le croit. À Genève, les organisations internationales, les organisations non gouvernementales et une partie des sociétés de négoce rémunèrent ou facturent en dollars, tandis que leurs collaborateurs paient un loyer, une assurance maladie et des impôts en francs. S'y ajoutent les indépendants qui facturent des clients américains, les retraités percevant une pension des États-Unis, et les entreprises suisses dont les recettes à l'export sont libellées en dollars.

Pour tous ceux-là, la baisse de la paire est une perte sèche que rien, dans leur contrat de travail, ne signale. Voici l'évolution mathématique d'un revenu de référence de 5'000 dollars, converti en francs suisses.

Période de référenceTaux de change (USD/CHF)Revenu converti (en CHF)Écart mensuel vs Moyenne 2024
Moyenne 20240,8806~4'403 CHF-
Plus bas 2026 (fin janvier)0,7604~3'802 CHF− 601 CHF
Sommet estival (fin juillet)0,8208~4'104 CHF− 299 CHF
13 Août 20260,8142~4'071 CHF− 332 CHF
18 Août 20260,8124~4'062 CHF− 341 CHF
20 Août 2026 (Actuel)0,7959~3'980 CHF− 424 CHF / mois

*Méthodologie de calcul : Valeur en francs = (Montant en USD) × (Taux USD/CHF). Valeurs brutes, sur la base du taux interbancaire réel, hors marges bancaires.

Synthèse de l'expert : au 20 août 2026, un revenu de 5'000 dollars rapporte 424 francs de moins par mois qu'à la moyenne de 2024, soit environ 5'080 francs sur une année pleine, uniquement par effet de change. La séance du 19 août a coûté à elle seule 82 francs mensuels par rapport à la veille. Pour un budget genevois, cet écart correspond à peu près à une prime d'assurance maladie adulte : la perte est invisible sur la fiche de paie, mais parfaitement visible sur le compte courant.

💡 L'autre côté du miroir. Si vous êtes payé en francs et que vous devez acheter des dollars — voyage, études aux États-Unis, facture d'un fournisseur américain, achat immobilier —, le mouvement joue intégralement en votre faveur. 10'000 francs achètent aujourd'hui environ 12'564 dollars, contre 11'356 dollars à la moyenne 2024, soit 1'208 dollars de pouvoir d'achat supplémentaire. Les entreprises concernées trouveront la mécanique détaillée dans notre guide sur l'achat de devises étrangères pour les entreprises.

Comment convertir sans perdre le bénéfice du taux ?

Sur un marché où une annonce technique du Trésor américain peut effacer 2 % en une séance, attendre le point d'entrée idéal n'est pas une stratégie, c'est un pari. Les trois dernières semaines l'illustrent : 0,8208 fin juillet, 0,8147 le 13 août, 0,8124 le 18, 0,7979 le 19. Aucun de ces mouvements n'était annonçable la veille, et le plus violent des quatre est venu d'un communiqué que personne n'attendait.

La méthode qui fonctionne : convertir par tranches régulières. Celui qui rapatrie chaque mois la même part de son revenu obtient mécaniquement le taux moyen de la période, sans avoir à prévoir quoi que ce soit. Ce lissage, ou cost averaging, n'offre jamais le meilleur taux de l'année ; il protège du pire, ce qui est l'objectif réel quand il s'agit d'un revenu et non d'un placement. Pour une échéance connue à l'avance — une facture en dollars, des frais de scolarité, une acquisition —, la logique est différente : c'est là qu'il devient pertinent de bloquer un taux de change à terme plutôt que de subir la séance du jour.

Quelles échéances surveiller d'ici l'automne ?

Le calendrier des six prochaines semaines est inhabituellement chargé pour la paire dollar-franc, et l'essentiel se joue côté américain.

  • 27 au 29 août : symposium de Jackson Hole, sur le thème de l'innovation financière et de ses implications pour les paiements. Le discours d'ouverture du 28 août sera le premier prononcé par Kevin Warsh en qualité de président de la Réserve fédérale — un exercice attendu comme une clarification de doctrine autant que de politique monétaire.
  • Fin août : publication du produit intérieur brut suisse du deuxième trimestre par le Secrétariat d'État à l'économie. Un chiffre faible renforcerait l'immobilisme de la BNS sans nécessairement affaiblir le franc.
  • Début septembre : indice suisse des prix à la consommation d'août, puis rapport américain sur l'emploi. C'est ce dernier qui décidera de la réunion du 16 septembre.
  • 9 septembre : entrée en vigueur des opérations de rachat élargies du Trésor américain. Le marché jugera sur pièces si le plafonnement des rendements longs tient.
  • 15 et 16 septembre : réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale, assortie de projections économiques actualisées. Une hausse est valorisée à environ 35 % : c'est le rendez-vous le plus susceptible de faire bouger la paire de plus de 1 % en une séance.
  • 24 septembre : examen trimestriel de politique monétaire de la BNS. Un maintien à 0,00 % est le scénario de base ; le ton employé sur le franc sera scruté. Calendrier de référence : réunions du Comité de politique monétaire de la Réserve fédérale.

Pourquoi la marge bancaire coûte-t-elle plus cher sur le dollar ?

L'analyse de marché ne sert à rien si l'exécution est défectueuse. Le taux interbancaire — actuellement autour de 0,7959 — est le prix de gros de la monnaie. Ce n'est jamais le taux que votre banque de détail vous applique, et l'écart est structurellement plus large sur le corridor dollar-franc que sur le corridor euro-franc, où le volume traité par les particuliers en Suisse est bien supérieur.

L'illusion tarifaire des banques traditionnelles :
Sur une conversion de 5'000 dollars, une banque classique applique un taux de guichet majoré et facture des frais de virement international. Une marge de 2 % représente environ 80 francs prélevés sur une seule opération, soit près de 960 francs sur une année de versements mensuels — davantage que ce que la paire a perdu entre le 13 et le 20 août. La marge est le seul des deux facteurs sur lequel vous avez la main.

L'alternative ibani : garder ce que le marché vous donne

Pour que le taux réel du marché se reflète intégralement sur votre compte, c'est l'intermédiation qu'il faut optimiser. Spécialiste du change basé à Genève, ibani accompagne aussi bien les particuliers percevant des revenus en devises que les entreprises qui encaissent ou règlent en dollars, et vous garantit :

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Questions Fréquentes (Mise à jour 20 Août 2026)

Au 20 août 2026, le dollar américain s'échange autour de 0,7959 franc suisse. La paire a décroché de près de 2 % lors de la seule séance du 19 août, passant d'un plus haut intraday à 0,8128 à une clôture à 0,7979, sous l'effet de l'annonce surprise du Trésor américain sur ses rachats d'obligations. Le seuil psychologique des 0,8000 est désormais franchi à la baisse et la paire évolue dans un corridor compris entre 0,7900 et 0,8150. Il faut donc environ 1,26 dollar pour obtenir un franc suisse.

Pour une raison de taux, pas de refuge. Le 19 août 2026, le Trésor américain a annoncé qu'il doublait la taille maximale de ses opérations de rachat de dette longue, de 2 à au moins 4 milliards de dollars par opération, du 9 septembre au 4 novembre. Le rendement du 30 ans est retombé à 5,196 %, après avoir touché la veille un plus haut de dix-neuf ans à 5,33 %. Moins de rendement signifie moins d'attrait pour le dollar : l'indice dollar de Bloomberg a perdu jusqu'à 0,8 %, son plus bas depuis le 12 mai. La séquence a été amplifiée par des statistiques américaines décevantes en juillet, avec des ventes au détail en recul pour la première fois en neuf mois et des destructions d'emplois inattendues.

Il agit comme un plafonnement des rendements longs. En rachetant davantage de dette à 10-20 ans et 20-30 ans, le Trésor soutient les prix des obligations et fait baisser leur rendement. Or c'est l'écart de rendement entre les États-Unis et le reste du monde qui portait le dollar depuis le printemps. Le message envoyé au marché est double : Washington considère que la hausse des taux longs est allée trop loin, et le Trésor est prêt à agir sans attendre la Réserve fédérale. Pour la paire USD/CHF, cela retire au dollar son principal soutien face à une devise, le franc, dont le rendement est nul mais dont la stabilité ne dépend d'aucun programme de soutien.

Le consensus des maisons d'analyse penche pour un dollar durablement sous les 0,81 franc. MUFG Research vise 0,7800 au quatrième trimestre 2026, et UBS retient un scénario de marché sans direction, avec une estimation de fin d'année autour de 0,78 dans une fourchette de 0,77 à 0,81. La fourchette crédible de fin d'année va donc de 0,7600 à 0,8400 selon la trajectoire de la Réserve fédérale : une amplitude d'environ 10 %, qui fait varier de plus de 400 francs par mois la conversion d'un revenu de 5'000 dollars. Ces projections de tiers sont citées à titre informatif et n'engagent pas ibani.

Elle en a les moyens, mais rien n'indique qu'elle le fera à ce niveau. Lors de son examen du 18 juin 2026, la Banque Nationale Suisse a maintenu son taux directeur à 0,00 % et réaffirmé sa disposition à intervenir sur le marché des changes en cas d'appréciation « rapide et excessive » du franc. Le mouvement en cours face au dollar est net mais ordonné, et il reste éloigné du plus bas de 2026 à 0,7604 touché fin janvier. Historiquement, la BNS surveille surtout le franc face à l'euro, qui pèse bien davantage dans son commerce extérieur. Le prochain examen de politique monétaire est fixé au 24 septembre 2026.

Non. Le taux interbancaire correspond au marché de gros. Les banques de détail y ajoutent une marge, appelée écart acheteur-vendeur, ainsi que des frais fixes de virement international. Sur le corridor dollar-franc, cette marge est structurellement plus large que sur le corridor euro-franc, parce que le volume traité par les particuliers y est plus faible : il n'est pas rare de perdre 2 % entre le taux affiché dans la presse et le montant effectivement crédité. Passer par un spécialiste du change comme ibani permet d'obtenir un taux au plus près de la réalité du marché.

Tout dépend du sens de la conversion. Pour qui perçoit un revenu en dollars et vit en Suisse, la question est douloureuse : à 0,7959, un revenu de 5'000 dollars ne vaut plus que 3'980 francs, contre 4'403 francs à la moyenne de 2024, soit 424 francs de perte mensuelle liée au seul effet de change. Attendre un rebond est un pari sur la Réserve fédérale, pas une stratégie. À l'inverse, pour un résident suisse qui doit acheter des dollars, le niveau actuel est le plus favorable depuis le printemps : 10'000 francs achètent aujourd'hui environ 12'564 dollars, contre 11'356 à la moyenne 2024. Dans les deux cas, convertir par tranches régulières plutôt qu'en une fois à une date choisie au hasard reste la méthode qui protège le mieux du pire scénario.
Avertissement réglementaire : Les données macroéconomiques et les taux de change mentionnés dans cet article reflètent la situation des marchés en date du 20 août 2026. Le marché des devises est intrinsèquement volatil et les performances passées ne préjugent pas des évolutions futures. Les projections de tiers citées (MUFG Research, UBS) le sont à titre informatif et n'engagent pas ibani. Ces informations sont fournies à titre indicatif et ne constituent en aucun cas une recommandation financière ou un conseil en investissement.

Méthodologie et sources : les cours USD/CHF cités croisent au moins deux sources de marché pour chaque date (relevés quotidiens de change et cotations intraday) ; le cours de référence retenu au 20 août 2026 est 0,7959, et la clôture du 19 août 0,7979 pour un plus haut intraday à 0,8128. Le taux moyen 2024 retenu comme base de comparaison est 0,8806. Les données de politique monétaire proviennent des communiqués officiels de la Réserve fédérale (29 juillet 2026) et de la Banque Nationale Suisse (18 juin 2026). Les chiffres d'inflation proviennent du Bureau of Labor Statistics pour les États-Unis (indice de juillet publié le 12 août 2026) et de l'Office fédéral de la statistique pour la Suisse (indice de juillet publié le 3 août 2026). Le programme de rachat de dette longue est décrit d'après le communiqué du Département du Trésor des États-Unis du 19 août 2026 ; les niveaux de rendement obligataire et d'indice dollar sont issus des dépêches d'agence du même jour. Les moyennes mobiles et l'indice de force relative sont relevés en clôture du 19 août 2026. Cet article est révisé toutes les deux semaines et après chaque décision de politique monétaire.