Bulletin de salaire suisse et déclaration française reliés par deux chemins de prélèvement distincts

CSG-CRDS et cotisation maladie du frontalier suisse : qui paie quoi, et où le déclarer

Clock icon Lecture : 14 minutes | Mise à jour : 16 septembre 2026

Par Brice DELHOME

📌 En bref : ce que vous payez, et ce que vous ne payez pas
  • Votre salaire suisse n'est pas soumis à la CSG-CRDS. La CSG sur les revenus d'activité vise les personnes domiciliées fiscalement en France et à la charge d'un régime obligatoire français d'assurance-maladie. Un salaire versé en Suisse à un frontalier n'entre pas dans ce champ.
  • Ce que l'Urssaf vous prélève, si vous avez opté pour l'assurance française, n'est pas la CSG : c'est la cotisation maladie du frontalier, 8 % en 2026, après un abattement de 25 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 12 015 euros.
  • Elle ne se calcule pas sur le revenu fiscal de référence. L'Urssaf écrit noir sur blanc que le revenu fiscal de référence « n'est pas pris en compte dans le calcul » et « sert uniquement de base de vérification ». La base, ce sont vos salaires nets et vos autres revenus de l'avant-dernière année, déclarés individuellement.
  • La CSG-CRDS revient par vos revenus du patrimoine : 17,2 % en location nue, 18,6 % en meublé — ou 7,5 % seulement si vous remplissez les deux conditions de la case 8SH. Sur 12 000 euros de revenus fonciers, l'écart annuel est de 1 164 euros.
  • Deux déductions, deux endroits. La prime LAMal se déduit du salaire suisse avant conversion en euros ; la cotisation Urssaf se déduit du revenu global, ligne 6DD de la 2042-C. La complémentaire santé, jamais.

« Est-ce que je paie la CSG ? » est l'une des questions les plus posées par les frontaliers, et l'une des plus mal servies — parce qu'elle mélange trois prélèvements qui n'ont ni la même base légale, ni la même assiette, ni le même destinataire. Ce guide sépare les trois : la CSG-CRDS, qui ne touche pas votre salaire suisse mais peut toucher votre patrimoine français ; la cotisation maladie du frontalier, que l'Urssaf prélève si vous avez opté pour l'assurance française ; et la prime LAMal, si vous êtes resté assuré en Suisse. Le choix entre ces deux derniers régimes est traité dans notre guide CMU ou LAMal : quelle assurance maladie choisir ; ici, on regarde ce que chacun coûte réellement et où cela se déclare.

1. Pourquoi votre salaire suisse échappe-t-il à la CSG-CRDS ?

Parce que vous n'entrez pas dans le champ d'application de la contribution. La doctrine fiscale publiée au Bulletin officiel des finances publiques est explicite : « La contribution sociale généralisée (CSG) prévue à l'article L. 136-1 du code de la sécurité sociale (CSS) est due au titre des revenus d'activité et des revenus de remplacement perçus par les personnes fiscalement domiciliées en France à la charge d'un régime obligatoire français d'assurance-maladie. » Les deux conditions sont cumulatives, et c'est la seconde qui fait toute la différence pour un frontalier.

Le principe qui tient tout : on ne relève que d'une seule législation sociale

Le règlement européen n° 883/2004 sur la coordination des systèmes de sécurité sociale, rendu applicable à la Suisse par l'accord sur la libre circulation des personnes, pose à son article 11 un principe d'unicité : une personne ne relève à un instant donné que de la législation d'un seul État, en principe celle de l'État où elle travaille. Un résident français salarié en Suisse relève donc de la sécurité sociale suisse pour son activité — c'est d'ailleurs pour cela que ses cotisations AVS, AI et LPP sont prélevées sur sa fiche de paie suisse et non en France.

Ce principe a une conséquence directe sur la CSG : la Cour de justice de l'Union européenne a jugé, dans l'arrêt de Ruyter (C-623/13), que la CSG et la CRDS, malgré leur qualification d'impositions en droit interne français, entrent dans le champ du règlement dès lors qu'elles participent au financement de la sécurité sociale française. Elles ne peuvent donc pas frapper une personne qui relève d'un autre système. Le Conseil d'État a confirmé cette lecture et l'a étendue, notamment dans sa décision n° 422780 du 1er juillet 2019.

Et si j'ai opté pour l'assurance maladie française ?

Vous devenez alors affilié au régime général français pour votre couverture santé, sur le fondement de l'article L380-3-1 du code de la sécurité sociale. Ce que l'Urssaf vous réclame chaque année n'est pas pour autant de la CSG : c'est une cotisation d'assurance maladie, avec son propre taux et sa propre assiette, détaillés à la section suivante.

Un détail du formulaire de déclaration de l'Urssaf confirme que ce prélèvement n'est pas de la CSG. Dans la rubrique « autres revenus », le mode d'emploi demande d'indiquer les montants « après avoir déduit le montant de la CSG » — parce que ces revenus-là, revenus fonciers ou revenus de capitaux mobiliers, en supportent effectivement. Dans la rubrique « salaires », cette déduction n'apparaît nulle part. Il n'y a rien à y déduire.

💡 À retenir : aucun des deux régimes ne conduit à payer la CSG-CRDS sur le salaire suisse. Ce qui les distingue, ce n'est pas la CSG — c'est le montant et le mode de calcul de ce que vous payez pour votre couverture santé, et le sort de vos revenus du patrimoine français.

Qui paie quoi, selon votre situation

Votre situationSur le salaire suissePour la couverture santéSur les revenus du patrimoine français
Frontalier resté à la LAMal (assurance suisse)Ni CSG ni CRDSPrime LAMal par personne assurée, en francsPrélèvement de solidarité 7,5 % seulement (cases 8SH / 8SI)
Frontalier ayant opté pour l'assurance maladie françaiseNi CSG ni CRDSCotisation maladie de 8 % à l'Urssaf, en euros, couvrant les ayants droitSelon la lecture stricte du formulaire, les deux conditions de la case 8SH ne sont pas réunies — point discuté, voir la section 4
Conjoint salarié en FranceCSG-CRDS de droit commun sur son salaire françaisRégime général français au titre de son propre emploiTaux plein, d'où la ventilation demandée pour les couples mixtes
Retraité d'une rente suisse résidant en FranceSans objetMême droit d'option, exercé auprès de l'institution commune LAMalDépend de l'État qui prend en charge la couverture maladie

2. Que coûte exactement la cotisation maladie du frontalier ?

L'Urssaf publie la formule, et elle ne laisse pas de place à l'interprétation : cotisation = (assiette retenue − abattement de 25 % du plafond de la Sécurité sociale) × 8 % × nombre de jours ÷ 365. Le montant de la base de calcul et la cotisation sont arrondis à l'euro le plus proche.

ParamètreValeur 2026Précision
Taux de cotisation8 %Taux en vigueur depuis le 1er janvier 2016, après une période transitoire à 6 %
Plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS)48 060 eurosArrêté du 22 décembre 2025, applicable aux périodes courant à compter du 1er janvier 2026
Abattement annuel12 015 euros25 % du plafond annuel, revalorisé chaque année
Année de revenus retenue2024 pour la cotisation 2026Toujours l'avant-dernière année : les revenus 2025 serviront à la cotisation 2027
Base de taxation d'office240 300 eurosCinq fois le plafond annuel, appliquée en l'absence de déclaration, plus 10 % de majoration en cas de régularisation tardive

L'assiette n'est pas votre revenu fiscal de référence

C'est l'erreur la plus répandue sur ce sujet, y compris dans des contenus par ailleurs sérieux. La déclaration annuelle que vous remplissez sur votre espace Urssaf comporte trois rubriques : les salaires, pensions et rentes nets ; les autres revenus ; et le revenu fiscal de référence. Le mode d'emploi officiel précise le rôle de chacune : « La somme des deux premières rubriques sert au calcul de votre cotisation. Le revenu fiscal de référence n'est pas pris en compte dans le calcul de votre cotisation, il sert uniquement de base de vérification. »

La nuance n'est pas théorique. Le revenu fiscal de référence est un agrégat du foyer fiscal, alors que la déclaration à l'Urssaf est individuelle : si votre conjoint est également frontalier affilié en France, vous déclarez chacun vos propres revenus, et vous obtenez chacun votre abattement de 12 015 euros. Quant aux revenus perçus en commun au sein du foyer, le mode d'emploi demande d'en déclarer la moitié.

Ce qui entre dans l'assiette, et ce qui en sort

RubriqueÀ inclureÀ déduire
Salaires, pensions et rentes netsLe revenu tiré de votre propre activité, les pensions alimentaires que vous percevez, les versements de capitaux de prévoyance soumis au prélèvement libératoire, les heures supplémentaires qu'elles soient exonérées ou nonLes pensions alimentaires que vous versez à titre personnel, les cotisations versées à l'Urssaf et reportées en déductions diverses sur votre avis d'impôt, l'abattement personnes âgées
Autres revenusRevenus fonciers nets, revenus de capitaux mobiliers, rentes viagères à titre onéreux nettes, BIC et BNC, plus-values de cession de valeurs mobilières ou immobilièresLe montant de la CSG, les frais de capitaux mobiliers et les déficits fonciers
Revenu fiscal de référenceLe montant exact figurant sur votre avis d'imposition, sans le corriger ni l'individualiserRien : cette rubrique ne participe pas au calcul
💡 La boucle que personne n'explique : la cotisation que vous payez à l'Urssaf est déductible de votre revenu global en case 6DD. Elle réduit donc votre revenu imposable, et comme elle doit aussi être déduite de la rubrique « salaires » de votre déclaration Urssaf, elle réduit mécaniquement votre assiette de cotisation deux ans plus tard. Une cotisation élevée aujourd'hui allège la cotisation de l'année N+2.

Simulateur : votre cotisation maladie du frontalier

Ce simulateur applique la formule officielle de l'Urssaf, y compris la proratisation par jours d'affiliation utile en cas de prise de poste ou de fin de contrat en cours d'année. Il vous permet de vérifier un appel de cotisation reçu, ou d'anticiper celui de l'année prochaine à partir de vos revenus de l'avant-dernière année.

3. Et si vous êtes resté à la LAMal, que payez-vous ?

Une prime, et non une cotisation. La différence est structurelle : la cotisation française dépend de vos revenus et couvre vos ayants droit sans supplément ; la prime suisse ne dépend pas du tout de vos revenus, mais elle est due par personne assurée. L'Office fédéral de la santé publique le formule ainsi : « Toute personne qui travaille en Suisse, ainsi que les membres de sa famille sans activité lucrative, doivent y souscrire une assurance-maladie. » Un conjoint qui travaille en France, lui, est couvert par son propre emploi et n'est pas concerné.

Les assurés qui résident dans un État de l'Union européenne ou de l'AELE s'acquittent des primes applicables à leur pays de domicile. Il existe donc une grille de primes propre à la France, approuvée chaque année par l'Office fédéral de la santé publique.

Les primes 2026 pour les assurés résidant en France

Voici la grille officielle, pour un adulte, avec la franchise de base de 300 francs et sans couverture accident — c'est la variante qui concerne un frontalier salarié, puisque le risque accident est déjà couvert par l'assurance obligatoire de son employeur suisse.

AssureurAdulte (CHF / mois)Jeune adulte 19-25 ansEnfant
Helsana200,00180,0046,00
SWICA246,30184,7059,20
Groupe Mutuel348,80279,00116,30
Vivao Sympany388,80280,00194,40
Assura439,90439,90139,80
Sanitas474,90403,60142,50
Agrisano489,30489,30171,00
ÖKK597,10597,10149,30
CONCORDIA652,10521,70163,10
Visana689,70483,00193,40
CSS697,50523,10153,50
Aquilana724,10535,90150,40
KPT823,10760,70246,50

Primes mensuelles en francs suisses pour les assurés résidant en France, année de primes 2026, assurance de base sans couverture accident, franchise de 300 francs pour les adultes et les jeunes adultes, sans franchise pour les enfants. Source : Office fédéral de la santé publique, rapport des primes UE/AELE, relevé du 16 septembre 2026.

⚠️ Un rapport de un à quatre pour la même couverture : 200,00 francs chez le moins cher, 823,10 francs chez le plus cher, pour une assurance de base dont le contenu est fixé par la loi et strictement identique d'un assureur à l'autre. Sur une année, l'écart dépasse 7 400 francs pour un seul adulte. Tous les assureurs n'acceptent cependant pas tous les profils : vérifiez la disponibilité auprès de l'assureur avant de bâtir un calcul dessus.

Trois leviers permettent de faire baisser la prime affichée ci-dessus : le choix de l'assureur, le niveau de franchise et le modèle d'assurance. Nous les avons chiffrés, avec le point de bascule à partir duquel une franchise élevée devient perdante, dans notre guide franchise et modèle d'assurance LAMal. Et si vous vous demandez ce que la LAMal rembourse lorsque vous vous soignez du côté français de la frontière, la réponse est dans le guide couverture LAMal en France et formulaire S1.

4. Pourquoi la CSG-CRDS revient-elle par vos revenus du patrimoine ?

Parce que la CSG ne frappe pas que les revenus d'activité. Elle frappe aussi les revenus du patrimoine de source française — loyers, rentes viagères, plus-values — et, sur ce terrain, la règle d'exonération est plus étroite que pour le salaire. Si vous possédez un appartement mis en location en Haute-Savoie ou dans le Pays de Gex, cette section est celle qui pèse le plus lourd dans votre budget annuel.

Les taux applicables

Nature du revenuCSGCRDSPrélèvement de solidaritéTotal
Location nue9,2 %0,5 %7,5 %17,2 %
Location meublée10,6 %0,5 %7,5 %18,6 %
Exonéré de CSG-CRDS (cases 8SH / 8SI)7,5 %7,5 %

L'administration fiscale énonce la règle ainsi : « Les revenus locatifs perçus par des personnes affiliées à un régime d'assurance maladie d'un État de l'Espace Économique Européen, du Royaume-Uni ou de la Suisse et non à charge d'un régime obligatoire de sécurité sociale français ne sont pas soumis à CSG et CRDS sur les revenus du patrimoine. En revanche, ces personnes restent redevables du prélèvement de solidarité au taux de 7,5 %. »

Les deux conditions de la case 8SH, et pourquoi elles ne se valent pas

La déclaration complémentaire 2042-C reprend mot pour mot ces deux conditions, sous l'intitulé « Revenus du patrimoine exonérés de CSG et de CRDS » : « Vous êtes affilié à un régime d'assurance maladie d'un État de l'Espace économique européen, du Royaume-Uni ou de la Suisse et vous n'êtes pas à la charge d'un régime obligatoire de sécurité sociale français », case 8SH pour le déclarant 1, case 8SI pour le déclarant 2.

Un frontalier resté à la LAMal remplit les deux sans discussion : il est affilié en Suisse, et il n'est à la charge d'aucun régime français. Un frontalier ayant opté pour l'assurance maladie française remplit la première mais pas la seconde, puisque son affiliation au régime général est précisément ce qui le met à la charge d'un régime obligatoire français. À la lettre du formulaire, il ne peut donc pas cocher la case.

⚠️ Un point discuté : des associations de frontaliers soutiennent que cette lecture littérale est contestable, au motif que l'affiliation française n'est qu'une dérogation pour la couverture santé et ne retire pas l'intéressé à la sécurité sociale suisse — c'est-à-dire au nom du principe d'unicité qui fonde justement l'exonération. Le débat n'est pas tranché de façon uniforme. Ce guide décrit la règle telle que l'administration la formule ; si votre situation s'y prête, faites trancher votre cas par votre service des impôts des particuliers avant de cocher ou de ne pas cocher.

Couple mixte : le cas où une seule case ne suffit pas

C'est la configuration la plus fréquente de l'arc lémanique : l'un travaille à Genève, l'autre à Annemasse ou à Ferney-Voltaire. Le formulaire prévoit alors une ventilation, et sa formulation est sans ambiguïté : « Remplissez les cases ci-dessous uniquement si vous êtes mariés ou pacsés et si un seul des deux conjoints remplit la condition ci-dessus. » Il faut alors indiquer le montant des revenus du patrimoine exonérés dans les cases dédiées, notamment 8RF pour les revenus fonciers après abattement en régime micro et 8RV pour les rentes viagères à titre onéreux. Les revenus qui restent soumis aux contributions sociales, eux, se reportent en 8TQ et suivantes.

Deux précisions utiles : l'affiliation s'apprécie au 31 décembre de l'année de perception des revenus, et la ventilation ne se fait que dans ce cas de figure précis — si les deux conjoints remplissent la condition, les cases 8SH et 8SI cochées suffisent.

Simulateur : vos prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine

Ce simulateur compare ce que vous devez selon que vous remplissez ou non les deux conditions de la case 8SH. Il ne préjuge pas de votre situation : il chiffre l'enjeu, pour que vous sachiez ce qui se joue avant d'aller poser la question à votre service des impôts.

Le prélèvement de solidarité de 7,5 % reste dû dans tous les cas. Les taux appliqués sont ceux des revenus du patrimoine en vigueur en 2026 : 17,2 % en location nue, 18,6 % en location meublée, 17,2 % pour les autres revenus du patrimoine. Le calcul porte sur les revenus nets, c'est-à-dire après abattement en régime micro ou après déduction des charges en régime réel.

5. Où déclarer quoi : 6DD, revenu catégoriel, 8SH

Trois montants, trois emplacements différents, et une erreur de case peut coûter plusieurs centaines d'euros d'impôt. L'administration fiscale distingue nettement le sort de la prime suisse et celui de la cotisation française : « La cotisation suisse à la LAMal est déductible du revenu catégoriel, c'est-à-dire directement du montant de votre salaire ou pension de source suisse », tandis que « la cotisation versée au Service des Travailleurs Frontaliers en Suisse (URSSAF/STFS) est quant à elle déductible de votre revenu global et doit être portée à la ligne 6DD « Déductions diverses » de votre déclaration d'ensemble des revenus (formulaire 2042-C) ».

Ce que vous payezDéductible ?Où, et comment
Prime LAMal (assurance de base suisse)Oui, du revenu catégorielDéduite du salaire ou de la pension de source suisse, avant conversion de ce revenu en euros, sur la déclaration des revenus encaissés à l'étranger
Cotisation maladie du frontalier (Urssaf / CNTFS)Oui, du revenu globalLigne 6DD « autres déductions » de la 2042-C, en précisant la nature de la déduction dans le champ prévu
Complémentaire santé, mutuelle, assurance privéeJamais« Les cotisations à une complémentaire santé ne sont jamais déductibles, qu'elles soient versées en France ou à l'étranger. »
Revenus du patrimoine exonérés de CSG-CRDSSans objetCases 8SH et 8SI à cocher, puis 8RF et 8RV pour la ventilation en couple mixte ; 8TQ pour les revenus qui restent soumis

La ligne 6DD est libellée « autres déductions » et figure dans la rubrique des déductions prévues par les articles 156, II et 156 bis du code général des impôts. Le formulaire prévoit juste en dessous un champ « Nature des déductions » : renseignez-y explicitement la cotisation maladie du frontalier, faute de quoi la déduction peut être remise en cause. Pour les autres déductions auxquelles un frontalier peut prétendre, et pour le crédit d'impôt qui neutralise la double imposition, voyez notre guide des déductions fiscales du frontalier, ainsi que le guide général des impôts du frontalier.

6. Ce qui change quand votre situation change

Le droit d'option entre l'assurance suisse et l'assurance française s'exerce dans les trois mois qui suivent le début de votre activité en Suisse. Sans démarche de votre part, vous êtes automatiquement affilié à l'assurance maladie suisse. La demande passe par le formulaire « Choix du système d'assurance-maladie », que vous remettez d'abord à la caisse primaire d'assurance maladie de votre lieu de résidence, puis, une fois visé, à l'autorité cantonale compétente du canton où vous travaillez.

Attention à la manière dont ce choix vous engage. L'Urssaf le formule précisément : « Si vous optez pour l'assurance maladie française et que vous êtes salarié, vous ne pourrez pas changer pour l'assurance maladie suisse pendant toute la durée de votre contrat de travail. » Les conditions dans lesquelles un changement de situation rouvre concrètement ce choix sont détaillées dans notre guide dédié : changer d'assurance maladie frontalier.

ÉvénementEffet sur ce que vous payez
Prise de poste en cours d'annéeLa cotisation est proratisée sur le nombre de jours travaillés en Suisse, divisé par 365
Fin de contrat en cours d'annéeMême proratisation ; signalez le changement de situation à l'Urssaf pour éviter une cotisation calculée sur l'année entière
Première année d'activitéL'assiette repose sur les revenus de l'avant-dernière année, souvent des revenus français inférieurs au nouveau salaire suisse : la cotisation augmente mécaniquement deux ans plus tard
Mariage, naissance, divorceDémarches auprès de la caisse primaire pour le rattachement ou la radiation des ayants droit ; sans effet sur le taux, mais effet sur la couverture
Passage à la retraiteUn nouveau droit d'option s'ouvre pour les titulaires d'une rente suisse, exercé cette fois auprès de l'institution commune LAMal
Vente d'un bien, plus-value exceptionnelleLa plus-value entre dans la rubrique « autres revenus » de votre déclaration Urssaf, donc dans l'assiette de la cotisation de l'année N+2
💡 Le piège de la troisième année : un frontalier qui démarre son activité arrive avec deux années de revenus français modestes. Sa cotisation des deux premières années est donc faible, parfois nulle après abattement. La troisième année, l'assiette bascule sur son plein salaire suisse et la facture peut être multipliée par trois ou quatre d'un coup. Ce n'est pas une erreur de l'Urssaf : c'est le décalage de deux ans qui produit son effet.

7. La ligne qu'on oublie : le coût de change

Une différence pratique sépare les deux régimes, et elle n'apparaît dans aucun barème. La prime LAMal se paie en francs suisses, la même devise que votre salaire : aucune conversion n'est nécessaire, l'argent ne traverse jamais la frontière monétaire. La cotisation Urssaf se paie en euros, alors que vos revenus sont en francs : chaque année, il faut convertir.

L'ordre de grandeur est facile à poser. Pour un salaire net de 72 000 euros de revenus déclarés, la cotisation annuelle approche 4 800 euros. Un écart d'un point et demi entre le taux interbancaire et le taux appliqué par votre intermédiaire représente environ 72 euros par an sur cette seule ligne — modeste comparé aux 9,7 points qui se jouent sur les revenus fonciers, mais qui s'ajoute au même écart subi chaque mois sur le salaire lui-même. C'est le sujet de notre guide rapatrier son salaire de Suisse, et vous pouvez suivre le cours en temps réel sur notre convertisseur CHF-EUR.

ibani est un intermédiaire financier genevois spécialisé dans les transferts entre la Suisse et la zone euro, avec un IBAN suisse nominatif : le salaire arrive en francs, la conversion se fait au moment choisi, et le virement part vers le compte en euros qui paiera l'Urssaf. Notre page service pour frontaliers détaille le fonctionnement.

8. Questions fréquentes

Pas sur son salaire suisse. La CSG due au titre des revenus d'activité vise, selon l'administration fiscale, les personnes fiscalement domiciliées en France et à la charge d'un régime obligatoire français d'assurance-maladie. Un frontalier resté à la LAMal ne remplit pas cette seconde condition. Celui qui a opté pour l'assurance maladie française paie, lui, la cotisation maladie du frontalier de 8 % prévue à l'article L380-3-1 du code de la sécurité sociale, qui est une cotisation et non la CSG. En revanche, la CSG et la CRDS peuvent revenir sur les revenus du patrimoine de source française, comme des revenus fonciers.

La formule publiée par l'Urssaf est la suivante : cotisation égale à l'assiette retenue, moins un abattement de 25 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, multipliée par 8 %, multipliée par le nombre de jours d'affiliation et divisée par 365. Le taux est de 8 % en 2026. Le plafond annuel étant fixé à 48 060 euros pour 2026, l'abattement s'élève à 12 015 euros. L'assiette est constituée des revenus perçus l'avant-dernière année : la cotisation 2026 repose sur les revenus de 2024, la cotisation 2027 sur ceux de 2025.

Non, contrairement à une idée très répandue. Le mode d'emploi de la déclaration publié par l'Urssaf est explicite : la somme des deux premières rubriques de la déclaration, à savoir les salaires nets et les autres revenus, sert au calcul de la cotisation, tandis que le revenu fiscal de référence n'est pas pris en compte dans le calcul et sert uniquement de base de vérification. La déclaration est par ailleurs individuelle : si les deux conjoints sont frontaliers affiliés en France, chacun déclare ses propres revenus, et les revenus perçus en commun au sein du foyer fiscal sont déclarés pour moitié.

À la ligne 6DD de la déclaration complémentaire 2042-C, intitulée autres déductions, avec la mention de la nature de la déduction dans le champ prévu à cet effet. L'administration fiscale précise que la cotisation versée au service des travailleurs frontaliers en Suisse est déductible du revenu global. Le traitement de la prime LAMal est différent : elle est déductible du revenu catégoriel, c'est-à-dire directement du montant du salaire ou de la pension de source suisse, avant conversion de ce revenu en euros. Les cotisations à une complémentaire santé ne sont jamais déductibles.

La case 8SH de la déclaration 2042-C, rubrique 8 Divers, s'adresse à celui qui est affilié à un régime d'assurance maladie d'un État de l'Espace économique européen, du Royaume-Uni ou de la Suisse et qui n'est pas à la charge d'un régime obligatoire de sécurité sociale français. Les deux conditions sont cumulatives. Un frontalier resté à la LAMal les remplit et voit ses revenus du patrimoine échapper à la CSG et à la CRDS, seul le prélèvement de solidarité de 7,5 % restant dû. La case 8SI vise le déclarant 2. Pour le frontalier qui a opté pour l'assurance maladie française, la question est plus discutée : à la lettre du formulaire, il est à la charge d'un régime français et ne remplit donc pas la seconde condition, mais cette lecture est contestée par des associations de frontaliers — le guide y consacre une section. Si vous êtes mariés ou pacsés et qu'un seul des deux conjoints remplit la condition, le formulaire demande de ventiler les revenus concernés dans les cases suivantes, notamment 8RF pour les revenus fonciers.

Le taux de droit commun est de 17,2 % en location nue, décomposé en 9,2 % de CSG, 0,5 % de CRDS et 7,5 % de prélèvement de solidarité, et de 18,6 % en location meublée, avec une CSG portée à 10,6 %. Les personnes affiliées à un régime d'assurance maladie d'un État de l'Espace économique européen, du Royaume-Uni ou de la Suisse et non à charge d'un régime obligatoire de sécurité sociale français ne sont pas soumises à la CSG et à la CRDS sur les revenus du patrimoine, mais restent redevables du prélèvement de solidarité au taux de 7,5 %. L'écart est donc de 9,7 points en location nue.

La prime ne dépend pas du revenu mais de l'assureur, de l'âge et du pays de résidence, et elle est due par personne assurée. Pour les assurés résidant en France, les primes 2026 approuvées par l'Office fédéral de la santé publique s'échelonnent, pour un adulte avec la franchise de base de 300 francs et sans couverture accident, de 200,00 francs à 823,10 francs par mois selon l'assureur, soit un écart de plus de quatre fois pour une couverture de base légalement identique. Les membres de la famille sans activité lucrative doivent être assurés séparément, chacun avec sa propre prime.

La cotisation est calculée d'office sur une base forfaitaire égale à cinq fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 240 300 euros en 2026. Appliquée au taux de 8 % après abattement, cette base conduit à une cotisation annuelle d'environ 18 263 euros. En cas de déclaration ultérieure, un nouveau calcul est effectué sur la base des revenus réellement déclarés, mais une majoration de 10 % est alors appliquée à cette base pour retard de déclaration.
Avertissement : ce guide décrit le droit et les barèmes en vigueur au 16 septembre 2026. Les taux, plafonds et intitulés de cases sont revalorisés ou modifiés chaque année, et la situation de chacun dépend de son affiliation réelle, de son régime matrimonial et de la nature de ses revenus. Ces informations sont fournies à titre indicatif et ne constituent ni un conseil fiscal, ni un conseil juridique, ni un conseil en assurance, ni une recommandation en matière de change. Faites confirmer votre situation par votre service des impôts des particuliers, par votre caisse primaire d'assurance maladie et par l'Urssaf avant toute démarche.

Méthodologie et sources : le champ d'application de la CSG sur les revenus d'activité est celui énoncé par le Bulletin officiel des finances publiques, BOI-RSA-BASE-30-30, sur le fondement de l'article L136-1 du code de la sécurité sociale. Le taux de 8 %, la formule de calcul, l'abattement de 25 % du plafond annuel, la base de taxation d'office et la majoration de 10 % proviennent de la page Urssaf, déclarer et payer votre cotisation. Le rôle exact des trois rubriques de la déclaration, la règle de la déclaration individuelle et le partage par moitié des revenus communs sont tirés de la fiche pratique Urssaf de déclaration des revenus. Les modalités du droit d'option, le délai de trois mois et l'engagement pour la durée du contrat de travail proviennent de la page Urssaf, choisir votre assurance maladie et de la page ameli, travailleur frontalier suisse. La fermeture de l'option d'assurance privée au 1er juin 2014 et le fondement de l'article L380-3-1 du code de la sécurité sociale sont documentés par le Cleiss, qui cite le décret n° 2014-517 du 22 mai 2014. Le plafond annuel de la Sécurité sociale de 48 060 euros pour 2026 résulte de l'arrêté du 22 décembre 2025. Les taux de 17,2 % et 18,6 %, la condition d'exonération et le maintien du prélèvement de solidarité à 7,5 % sont cités depuis la page impots.gouv.fr sur les prélèvements sociaux des revenus locatifs. Les intitulés des cases 8SH, 8SI, 8RF, 8RV et 8TQ, ainsi que la règle de ventilation des couples mixtes, sont relevés sur le formulaire 2042-C des revenus 2025. Le traitement respectif de la prime LAMal et de la cotisation Urssaf est celui publié par impots.gouv.fr. L'obligation d'assurance des membres de la famille sans activité lucrative et le principe des primes du pays de domicile proviennent de l'Office fédéral de la santé publique. Les primes 2026 par assureur pour les assurés résidant en France sont extraites du rapport des primes UE/AELE publié par Priminfo, portail officiel de l'Office fédéral de la santé publique, relevé du 16 septembre 2026. La jurisprudence citée est l'arrêt de Ruyter de la Cour de justice de l'Union européenne (C-623/13) et la décision du Conseil d'État n° 422780 du 1er juillet 2019, telles que relayées par le Cleiss.

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