1. Pourquoi Qonto n'accepte-t-il pas les sociétés suisses ?
Parce que la Suisse ne fait pas partie de son périmètre d'agrément. Qonto ouvre ses comptes aux entreprises immatriculées dans huit pays : France, Allemagne, Espagne, Italie, Autriche, Belgique, Pays-Bas et Portugal. La Suisse n'y figure pas, et cela vaut pour toutes les formes juridiques suisses, de la raison individuelle à la SA.
Le mécanisme est le même que celui qui explique l'absence de la plupart des acteurs européens en Suisse. Un établissement autorisé dans un pays de l'Union européenne bénéficie du passeport de services : son agrément national vaut dans tout l'Espace économique européen, sans nouvelle autorisation. La Suisse n'appartient ni à l'Union européenne ni à l'EEE. Pour y servir des clients, il faut une autorisation délivrée par l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers, obtenue pour ce marché-là. C'est un projet à part entière, pas une extension de couverture.
Ce qu'un compte européen ne peut pas faire pour une société suisse
Certains fondateurs contournent le sujet en gardant leur société française et en facturant depuis la France. C'est une décision de structure, pas une astuce bancaire, et elle a des conséquences fiscales et sociales lourdes : lieu d'imposition du bénéfice, assujettissement à la TVA suisse, affiliation aux assurances sociales, substance réelle de l'entité. Le sujet dépasse le choix d'un compte, et notre guide sur la facturation B2B transfrontalière entre la Suisse et l'Union européenne détaille les points de bascule.
Dès lors que la société est bien suisse — inscrite au registre du commerce cantonal, avec un numéro IDE — elle a besoin d'un compte à son nom, en Suisse, pour trois raisons concrètes : la consignation du capital au moment de la fondation, l'émission de QR-factures à ses clients suisses, et le règlement de ses obligations en francs, des cotisations sociales à la TVA.
2. Qui a le droit de recevoir le capital d'une Sàrl ou d'une SA ?
Uniquement un établissement soumis à la loi suisse sur les banques. L'article 633 du Code des obligations, qui régit la fondation de la SA et auquel la Sàrl est soumise de la même manière, exige que les apports en espèces soient déposés auprès d'un tel établissement, sur un compte bloqué, et que les fonds ne soient libérés qu'après l'inscription de la société au registre du commerce. C'est ce compte que l'on appelle le compte de consignation, et l'attestation qu'il produit est la pièce que le notaire réclame pour instrumenter l'acte de fondation.
Les montants sont fixés par la forme juridique. Une Sàrl exige un capital social d'au moins 20 000 francs, qui doit être libéré à 100 %, comme le rappelle le portail PME de la Confédération. Une SA exige un capital-actions de 100 000 francs, dont 50 000 francs au moins doivent être versés à la fondation.
L'ouverture récente aux autorisations fintech
Une évolution mérite d'être connue, car elle change la liste des candidats. L'Office fédéral du registre du commerce a admis dans sa pratique que les établissements titulaires d'une autorisation FINMA de type fintech, au sens de l'article 1b de la loi sur les banques, puissent délivrer des attestations de dépôt de capital. Cette autorisation, créée pour les acteurs qui reçoivent des dépôts du public jusqu'à 100 millions de francs sans les investir ni les rémunérer, figure sur la page dédiée de la FINMA, et la liste nominative des titulaires est publiée par l'autorité.
Concrètement, cela ouvre la fondation numérique de société à des acteurs comme Relio, établissement suisse titulaire de cette autorisation, qui propose un compte de consignation entièrement en ligne. Pour une équipe fondatrice dispersée entre plusieurs pays, la différence est considérable : le parcours qui imposait un rendez-vous en agence devient un dossier numérique.
3. Quelles alternatives acceptent réellement une société suisse ?
Quatre familles, qui ne répondent pas au même besoin. Le tableau ci-dessous les sépare sur les deux critères qui décident vraiment : l'accès à la consignation du capital, et la présence d'un IBAN suisse utilisable au quotidien.
| Solution | Société suisse acceptée | IBAN suisse | Consignation du capital | Ticket d'entrée |
|---|---|---|---|---|
| Banque cantonale, grande banque, Raiffeisen | Oui | Oui | Oui | Variable selon l'établissement et le canton |
| PostFinance (compte commercial CHF) | Oui, sociétés ayant leur siège en Suisse | Oui | Oui | 5 CHF par mois |
| Relio (autorisation FINMA fintech) | Oui | Oui | Oui | Sur devis, selon le profil de la société |
| Revolut Business | Oui | IBAN suisse virtuel | Non | Dès 10 CHF par mois (plan Basic) |
| Wise Business | Oui | Coordonnées de réception en CHF, hors réseau SWIFT | Non | 55 CHF une seule fois |
| Prestataire de change spécialisé (ibani) | Oui | IBAN suisse de transit, pas un compte de dépôt | Non | Aucun abonnement, marge sur la conversion |
| neon | Non — compte privé uniquement | — | — | — |
| Qonto | Non — huit pays, sans la Suisse | — | — | — |
Conditions et tarifs relevés le 4 septembre 2026 auprès des établissements cités. Ces grilles évoluent : vérifiez-les à la source avant de décider.
Les banques établies : lentes à ouvrir, indispensables ensuite
Une banque cantonale, une grande banque ou une Raiffeisen couvre l'ensemble du besoin : consignation, compte d'exploitation, cartes, crédit, et un interlocuteur qui connaît le tissu local. C'est le socle naturel d'une société qui facture des clients suisses depuis Genève, Lausanne ou Zurich. Le prix à payer est la durée d'ouverture et l'exigence documentaire, particulièrement quand l'actionnariat est étranger — nous y revenons en section 5.
PostFinance occupe une place particulière : le compte commercial en francs est facturé 5 francs par mois et l'établissement précise que toutes les entreprises ayant leur siège en Suisse peuvent l'ouvrir. C'est souvent le rapport couverture-prix le plus simple pour une petite structure dont l'activité est majoritairement domestique.
Les acteurs numériques suisses : le vrai substitut à Qonto
C'est dans cette catégorie que se trouve l'équivalent fonctionnel de ce que les fondateurs cherchaient chez Qonto : une ouverture numérique, un parcours rapide, une interface pensée pour une équipe plutôt que pour un guichet. Relio, qui couvre aussi la consignation, en est l'exemple le mieux documenté à la date de ce relevé. Cette famille est jeune et l'offre bouge vite ; c'est celle qu'il faut revérifier avant chaque création.
Les comptes multidevises étrangers : utiles, mais jamais seuls
Revolut Business donne accès à un IBAN suisse virtuel et à des cartes d'équipe, avec des plans dont l'entrée de gamme a été portée à 10 francs par mois en mars 2025 et qui montent jusqu'à 79 francs par mois pour le plan Scale. Chaque plan inclut une enveloppe mensuelle de change au taux interbancaire, au-delà de laquelle une commission s'applique — c'est le paramètre qui décide du coût réel pour une société qui convertit régulièrement.
Wise Business se règle par un frais d'ouverture unique de 55 francs, sans abonnement, et fournit des coordonnées de réception dans plus de huit devises. Une limite mérite d'être connue avant de compter dessus pour encaisser en francs : Wise indique que son compte CHF n'accepte que les paiements entrants en francs et ne peut pas recevoir de virements passant par le réseau SWIFT. Pour un encaissement domestique suisse c'est sans effet ; pour un client hors zone SEPA qui paie en francs, cela peut bloquer.
4. Quelles applications ne prennent pas les personnes morales ?
Autant le savoir avant d'ouvrir un dossier. neon ne propose pas de compte professionnel : l'établissement écrit dans sa foire aux questions qu'il ne peut pas offrir de compte d'entreprise, neon étant un compte purement privé, et il précise que cela vaut également pour les indépendants. Les tableaux comparatifs qui font apparaître un « neon Business » se trompent.
La règle générale vaut pour toutes les applications grand public : un compte privé sert à une personne physique. L'utiliser pour encaisser l'activité d'une société sort des conditions générales du fournisseur, et la société inscrite au registre du commerce a de toute façon besoin d'un compte à son propre nom, ne serait-ce que pour que sa comptabilité soit tenable.
Trois frictions concrètes avec un IBAN qui n'est pas suisse
- La QR-facture. Le format de facturation standard en Suisse se construit autour d'un IBAN suisse ou liechtensteinois. Sans lui, vous ne pouvez pas émettre la facture que vos clients suisses attendent et que leur logiciel comptable sait lire automatiquement.
- Les prélèvements en francs. Le recouvrement direct suisse, utilisé par de nombreux fournisseurs, assurances et caisses, suppose un compte domicilié en Suisse.
- La conversion subie. Un encaissement en francs qui atterrit sur un compte tenu en euros est converti par l'établissement récepteur, à une marge qu'il fixe et qu'il n'affiche pas toujours. Vous perdez la maîtrise du moment et du taux.
Pour une raison individuelle qui démarre, la logique est différente et souvent plus souple : notre guide facturer en nom propre en dessous de 100 000 CHF traite le cas de l'indépendant, où l'obligation de compte séparé n'est pas la même que pour une personne morale.
5. Comment ouvrir un compte quand les fondateurs vivent à l'étranger ?
C'est le cas le plus fréquent chez ceux qui cherchaient Qonto, et le plus mal anticipé. Deux obstacles se cumulent : une exigence légale de représentation, et une exigence bancaire de connaissance du client.
L'exigence de représentation en Suisse
Le Code des obligations impose que la société puisse être représentée par une personne domiciliée en Suisse : article 718 alinéa 4 pour la SA, article 814 alinéa 3 pour la Sàrl. Cette personne peut être un administrateur, un gérant ou un directeur, mais elle doit disposer du pouvoir de signature nécessaire. Ce n'est pas une préférence bancaire, c'est une condition d'inscription au registre du commerce : à défaut, la société présente un défaut dans son organisation.
Le contrôle renforcé sur l'origine des fonds
Une société suisse détenue par des non-résidents fait l'objet d'une vérification nettement plus exigeante qu'une société détenue par des résidents. L'établissement doit identifier l'ayant droit économique, comprendre l'activité réelle et documenter l'origine du capital apporté. Un capital qui provient d'une cession d'entreprise, d'une succession ou d'un compte étranger devra être tracé pièce par pièce. Cette exigence n'est pas une formalité : c'est elle qui allonge les délais et qui, parfois, motive un refus sans autre explication.
Le déroulé complet de la fondation, du choix de la forme juridique au transfert du capital depuis l'étranger, est détaillé dans notre guide créer une société en Suisse : capital et règles. Pour vérifier l'existence et les inscriptions d'une entité, le registre central Zefix est gratuit et fait foi.
6. Que coûte réellement la jambe internationale ?
Le coût dominant d'une PME suisse qui achète à l'étranger n'est pas l'abonnement de son compte, c'est la marge appliquée sur le taux de change. Elle n'apparaît nulle part sur un relevé : elle est incorporée au taux lui-même, ce qui la rend indolore à court terme et considérable à l'échelle d'un exercice.
L'arithmétique est simple. Prenons une entreprise qui règle 40 000 euros de factures fournisseurs chaque mois, soit 480 000 euros par an.
| Marge de change appliquée | Coût mensuel | Coût annuel | Écart annuel face à 1,5 % |
|---|---|---|---|
| 1,5 % (fourchette basse d'une banque commerciale) | 600 EUR | 7 200 EUR | — |
| 0,60 % | 240 EUR | 2 880 EUR | 4 320 EUR |
| 0,35 % | 140 EUR | 1 680 EUR | 5 520 EUR |
| 0,20 % | 80 EUR | 960 EUR | 6 240 EUR |
L'écart annuel dépasse de très loin le prix de n'importe quel compte professionnel du tableau de la section 3. C'est ce qui justifie de traiter séparément deux questions que l'on confond souvent : où la société tient son compte, et par quel canal elle convertit ses devises. Rien n'oblige à ce que ce soit le même prestataire, et la plupart des PME qui optimisent sérieusement leur trésorerie ne le font pas.
Aux frais de conversion s'ajoutent, sur le rail SWIFT, les frais de correspondant prélevés en cours de route, qui font arriver au bénéficiaire un montant inférieur à celui envoyé. Le choix du rail — SEPA en euros, SWIFT hors zone — pèse donc autant que la marge elle-même sur certaines destinations. Notre guide optimiser le paiement de vos fournisseurs étrangers détaille cet arbitrage, et le guide comptabilité multi-devises traite du lettrage et des écarts de change côté bilan.
ibani attribue à votre entreprise des IBAN suisses nominatifs, un par route de transfert, avec une marge dégressive de 0,40 % à 0,15 % selon le montant converti, sans frais d'ouverture, de tenue de compte ni de virement SEPA. Ce ne sont pas des comptes de dépôt mais des comptes de transit : ils ne remplacent pas le compte d'exploitation de la société et n'entrent pas à son bilan. ibani est un intermédiaire financier suisse établi à Genève depuis 2018, pas une banque.
Voir l'offre entreprises →Sur le moment de la conversion, qui pèse souvent plus lourd que la marge sur les gros montants, le convertisseur CHF/EUR en temps réel donne le montant exact reçu, et notre analyse des facteurs macroéconomiques du cours EUR/CHF pose le cadre. Pour une trésorerie qui doit être sécurisée à l'avance, le blocage de taux à terme est l'outil approprié.
7. Quel dispositif choisir selon votre situation ?
Trois profils couvrent la grande majorité des cas rencontrés.
Sàrl locale, clients suisses, peu de devises
Un seul compte suffit. PostFinance ou la banque cantonale de votre siège couvrent la consignation, l'exploitation et la QR-facture, à un coût mensuel marginal. Ajouter un compte multidevises à ce stade complique la comptabilité pour un gain nul. La question du change se posera le jour où un fournisseur étranger apparaîtra dans les factures, pas avant.
Startup ou société à actionnariat étranger
C'est le profil pour lequel le refus de Qonto fait le plus mal, et celui pour lequel les acteurs numériques suisses titulaires d'une autorisation fintech ont le plus de sens : ils couvrent la consignation et l'exploitation dans un parcours en ligne, sans imposer la présence physique d'un actionnariat dispersé. Prévoyez tout de même le représentant domicilié en Suisse exigé par la loi, et un dossier d'origine des fonds complet dès le départ.
Société avec flux EUR ou USD réguliers
Deux briques, pas une. Un compte suisse d'exploitation pour la vie courante et les obligations en francs, et un prestataire de change dédié pour la conversion et les paiements internationaux. C'est la configuration qui produit les économies chiffrées en section 6, et elle ne demande aucun changement de banque : les fonds partent du compte existant et y reviennent.
Les six questions à poser avant de signer
- L'établissement peut-il délivrer une attestation de dépôt de capital, ou seulement ouvrir un compte courant ?
- L'IBAN fourni est-il un IBAN suisse permettant d'émettre des QR-factures ?
- Quelle est la marge de change réellement appliquée, exprimée en pourcentage de l'écart au taux interbancaire — et pas seulement « sans commission » ?
- Une enveloppe mensuelle de change est-elle incluse, et que coûte le dépassement ?
- Les fonds bénéficient-ils de la garantie des dépôts, ou l'établissement opère-t-il sous une autorisation qui ne l'inclut pas ?
- Un représentant domicilié en Suisse est-il déjà identifié dans la gouvernance ?
Pour resituer ces choix dans l'ensemble des démarches d'une entreprise suisse, notre guide entreprise en Suisse regroupe le silo complet, de la création à la fiscalité.
Sources : Qonto, ouverture de compte et pays couverts · Fedlex, Code des obligations (art. 633, 718 al. 4, 814 al. 3) · Portail PME de la Confédération, Sàrl : responsabilité, capital social, création · FINMA, autorisation fintech (art. 1b LB) · Office fédéral de la justice, registre du commerce · PostFinance, compte commercial en CHF · Revolut, plans Business pour la Suisse · Wise, virements en CHF · neon, compte professionnel · Relio · EasyGov, guichet en ligne des entreprises · Zefix, registre central des entreprises
Questions Fréquentes
Peut-on ouvrir un compte Qonto pour une société suisse ?
Non. Qonto ouvre ses comptes aux entreprises immatriculées en France, en Allemagne, en Espagne, en Italie, en Autriche, en Belgique, aux Pays-Bas et au Portugal. La Suisse ne figure pas dans cette liste. La raison n'est pas commerciale mais réglementaire : Qonto exerce sous une autorisation européenne, valable dans l'Espace économique européen grâce au passeport de services. La Suisse n'appartenant ni à l'Union européenne ni à l'EEE, ce passeport ne s'y applique pas et une autorisation suisse distincte serait nécessaire. La nationalité des fondateurs n'y change rien : c'est le pays d'immatriculation de la société qui décide. Un entrepreneur français qui possède à la fois une SAS en France et une Sàrl à Genève peut utiliser Qonto pour la première, jamais pour la seconde.
Qui peut délivrer l'attestation de dépôt du capital d'une Sàrl suisse ?
Uniquement un établissement soumis à la loi suisse sur les banques. L'article 633 du Code des obligations, qui régit la fondation de la SA et auquel la Sàrl est soumise de la même manière, impose que les apports en espèces soient déposés auprès d'un tel établissement, sur un compte bloqué, et que les fonds ne soient libérés qu'après l'inscription de la société au registre du commerce. Une Sàrl exige un capital social de 20 000 francs libéré à 100 %, une SA un capital-actions de 100 000 francs dont 50 000 au moins doivent être versés. Aucune néobanque européenne ne peut délivrer cette attestation, quel que soit son agrément dans son pays d'origine. En revanche, l'Office fédéral du registre du commerce a ouvert cette possibilité aux titulaires d'une autorisation FINMA de type fintech, au sens de l'article 1b de la loi sur les banques : c'est ce qui permet à un acteur comme Relio de proposer un compte de consignation entièrement numérique.
Revolut Business fournit-il un vrai IBAN suisse à une entreprise ?
Revolut Business donne accès à un IBAN suisse virtuel pour les comptes ouverts en Suisse, ce qui suffit pour encaisser et payer en francs sur le trafic des paiements domestique. Deux limites subsistent. D'abord, Revolut Business ne propose pas de compte de consignation : il ne peut donc pas servir à fonder la société, seulement à la faire fonctionner ensuite. Ensuite, l'offre est passée en abonnement payant : le plan d'entrée Basic est facturé 10 francs par mois depuis mars 2025, les plans supérieurs montent jusqu'à 79 francs par mois pour Scale. Chaque plan inclut une enveloppe mensuelle de change au taux interbancaire, au-delà de laquelle une commission s'applique. Ces montants ont été relevés le 4 septembre 2026 et doivent être revérifiés auprès de Revolut avant toute décision.
Peut-on utiliser un compte neon pour son entreprise ?
Non. neon l'écrit explicitement dans sa foire aux questions : l'établissement ne peut pas offrir de compte professionnel, neon étant un compte purement privé, y compris pour les indépendants. Cette réponse vaut pour une raison individuelle comme pour une Sàrl ou une SA. Les comparatifs qui font figurer un « neon Business » dans leurs tableaux se trompent. La règle générale est simple : utiliser un compte privé pour encaisser l'activité d'une société sort des conditions générales du fournisseur, et une société inscrite au registre du commerce a de toute façon besoin d'un compte à son propre nom pour sa comptabilité, sa TVA et ses cotisations sociales.
Une société suisse peut-elle fonctionner avec un IBAN étranger ?
Techniquement oui pour les encaissements en euros, mais trois frictions apparaissent vite. La QR-facture suisse, devenue le format de facturation standard, se construit autour d'un IBAN suisse ou liechtensteinois : sans lui, la facture ne peut pas être émise au format attendu par les clients suisses. Les prélèvements automatiques suisses, utilisés notamment pour certaines cotisations et assurances, supposent également un compte domicilié en Suisse. Enfin, un salaire ou un remboursement libellé en francs qui arrive sur un compte tenu en euros subit une conversion appliquée par l'établissement récepteur, dont la marge est rarement affichée. Un compte suisse d'exploitation reste donc la base ; un compte étranger ou multidevises se justifie en complément, pas en remplacement.
Combien coûte le change quand une PME suisse paie des fournisseurs en euros ?
Le coût se mesure en marge sur le taux de change, pas en frais de virement. Sur 40 000 euros de factures réglées chaque mois, une marge de 1,5 % représente environ 600 euros par mois, soit 7 200 euros par an ; une marge de 0,35 % ramène la même opération à 140 euros par mois, soit 1 680 euros par an. L'écart annuel dépasse largement le coût de n'importe quel abonnement de compte professionnel, ce qui explique qu'une PME a souvent intérêt à séparer les deux questions : le compte d'exploitation d'un côté, la conversion des devises de l'autre. La grille d'ibani est dégressive, de 0,40 % à 0,15 % selon le montant converti, sans frais d'ouverture ni de tenue de compte.
